Grossesse : l’autoconservation des ovocytes fait débat

La loi actuelle interdit la conservation des ovocytes lorsqu'il s'agit d'un choix personnel. Le 12 décembre, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français s'est dit favorbale à une levée de cette interdiction. Le débat est lancé.

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©ThinkStock

À date, une femme française n’a pas le droit de conserver ses ovocytes si aucune raison médicale n’est avancée (loi de bioéthique de juillet 2011). Mercredi 12 décembre, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) s’est exprimé en faveur d’une autoconservation des ovocytes « pour des raisons sociétales ».

Autoconservation des ovocytes : « un progrès médical »

« L’autoconservation d’ovocytes constitue un progrès médical car elle est, avec le don d’ovocytes, la seule méthode de traitement de l’infertilité réellement efficace à 40 ans et plus », explique le CNGOF dans son communiqué. Elle permettrait de faire face à la pénurie dont souffre le don d’ovocytes en France et éviterait à de nombreuses femmes de recourir à un centre étranger.

Autoconservation : des inégalités entre les hommes et les femmes

Ce qui interpelle les spécialistes français c’est l’inégalité qui existe actuellement entre les hommes et les femmes face à l’autoconservation de convenance. Les premiers ont le droit de conserver leur sperme congelé pour avoir un enfant après leur guérison. En revanche, les secondes doivent suivre un traitement stérilisant après avoir eu recours à une technique de vitrification (permettant la conservation des ovocytes) ou faire don de certains de leurs gamètes. « Il ne serait pas admissible, comme la loi le prévoit pourtant, de limiter la possibilité d’autoconservation aux seules femmes qui accepteraient de donner une partie de leurs ovocytes. Un tel chantage nous paraît éthiquement inacceptable », précise le CNGOF.

Autoconservation des ovocytes : le débat est lancé

Le collège des gynécologues concède qu’il y a certains risques, comme celui d’inciter les grossesses tardives, souvent sources de complications pour la mère et l’enfant. De plus, la conservation d’ovocytes pour les femmes de plus de 40 ans ne garantit absolument pas la grossesse. Le CNGOF doit prochainement statuer sur les questions liées au financement mais aussi à l’âge limite au-delà duquel il est déconseillé de recourir à une autoconversation des ovocytes. Le débat ne fait que commencer.

Cécile David