Hadopi : les jeux vidéo, bientôt visés ?

Les industriels du jeu vidéo sont sur le point de déposer un dossier auprès de la CNIL, afin que leur secteur soit désormais placé sous la surveillance d’Hadopi. En clair, les « gamers » qui téléchargent ou mettent des jeux vidéo en libre service sur Internet seront bientôt pistés.

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Hadopi : les jeux vidéo, bientôt visés ? ©ThinkStock

Le jeu est bientôt « over » pour les gamers qui pensaient échapper à la surveillance d’Hadopi. Les industriels du jeu vidéo en ont assez du téléchargement illégal de leurs produits. C’est pourquoi, « ils sont en train de déposer leur autorisation » auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) afin d’obtenir la surveillance des adresses IP, rapporte Mireille Imbert, présidente de la Commission de protection des droits auprès de la CNIL, citée par pcinpact.com. Un passage obligé pour toute entité envisageant un traitement automatisé des données personnelles.

Hadopi : la riposte graduée bientôt pour les jeux vidéo

Après le cinéma et la musique, ce pourrait donc être au tour des jeux vidéo d’être concernés par la riposte graduée prévue par la loi Hadopi. Il s’agira de dissuader, par paliers, les individus pratiquant le piratage de jeux vidéo sur Internet : envoi d’un mail de rappel à la loi, coupure de réseau et, enfin, transmission du dossier au parquet qui décidera si des sanctions doivent êtres prises ou pas.

Tout comme les éditeurs de livre, les industriels du jeu vidéo refusaient, jusqu’alors, de confier à Hadopi la surveillance du piratage de leurs produits sur Internet. En 2010, le syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL) avait critiqué le coût de la riposte graduée dans un article de L’Express : « pour surveiller 100 titres et collecter 25 000 adresses par jour, la facture s’élève à 35 000 euros par mois, soit 420 000 euros par an. C’est beaucoup et on veut être certain que l’Hadopi traitera ensuite toutes les demandes ».

Hadopi : pourquoi l’univers du jeu vidéo change d’avis à son sujet ?

Selon Pcinpact, si les industriels du jeu vidéo demandent aujourd’hui à ce que Hadopi soit appliquée à leur secteur, c’est parce que le système de surveillance est aujourd’hui plus rentable qu’en 2010. En effet, en janvier 2012, une mise à niveau d’Hadopi a été effectuée : l’organisation peut désormais traiter 200 000 dossiers par jour.

Thomas Levy