Handicapé à vie à cause d’une dent de sagesse

Un patient souffrant d'une simple dent de sagesse a cumulé les complications post-opératoires. Après avoir frôlé la mort, il est aujourd'hui handicapé à vie.

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A cause d'un dent de sagesse, Franck Afériat est handicapé à vie ©ShutterStock

Le risque zéro n’existe pas. Frank Afériat, chef d’entreprise de 40 ans vivant dans le Val-de-Marne, s’est fait opérer des dents de sagesse il y a huit ans. Une intervention anodine qui s’est transformée en cauchemar, puisque ce patient se retrouve aujourd’hui sans dents à droite et donc incapable de mâcher et de sourire. F. Afériat doit également porter des bas de contention en permanence.

Comment cela est-il possible ?

L’histoire commence en 2006, quand le dentiste de Franck Afériat lui recommande des implants pour soigner une dent de sagesse qui bouge. Mais à cause d’un « os mal configuré », le patient a du subir une dizaine d’anesthésies avant que trois implants ne tiennent enfin. Au bout d’un an, le dentiste lui annonce finalement que ses implants « ont cratérisé » et conseille de poser un dentier.

Le jeune homme, qui n’a alors que 34 ans, rend visite à un autre médecin pour un deuxième avis. Le professeur lui propose une autre solution : prélever un morceau d’os de la hanche pour reconstituer celui de la mâchoire. Mais une fois de plus, tout ne se passe pas comme prévu. Franck Afériat rejette la greffe et découvre qu’il souffre d’une maladie héréditaire entrainant une coagulation trop rapide, provoquant des caillots de sang. Trois jours après l’opération, la jambe du patient vire au noir et le jeune homme est hospitalisé pour une « thrombose profonde » frôlant l’œdème pulmonaire. « Dans mon métier, je dois être debout, raconte dans Le Parisien cet artisan spécialisé dans la désinsectisation. Or, si je le reste trop longtemps ou, pire, si je monte sur une nacelle, c’est une phlébite assurée, et la mort. »

Conseillé par son avocat Me Grégory Lévy, Franck Afériat vient d’assigner enjustice Guy Princ, ce ponte de la stomatologie à qui il reproche les multiples « échecs thérapeutiques ». Le tribunal de Paris a validé les arguments du patient et de son avocat et estimé légitime que soit désigné un expert judiciaire.

Maxime Quéma