Hépatite B aiguë : le dépistage en France n’est pas assez ciblé

Selon une étude de l’Institut national de veille sanitaire, entre 1 000 et 1 600 cas d’hépatite B aiguë auraient été détectés en France en 2010. Les spécialistes estiment que le dépistage n’est pas encore assez ciblé.

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D’après l’InVS, le taux de déclaration des infections par le virus de l’hépatite B (VHB) n’atteindrait que 9 à 15 % des cas estimés. ©ThinkStock

Entre 1 000 et 1 600 nouveaux cas d’hépatite B aiguë ont été détectés en France en 2010, soit 1,6 à 2,5 cas pour 100 000 habitants. Ces chiffres proviennent d’une étude réalisée par l’Institut de veille sanitaire (InVS), dont les résultats ont été publiés le 21 mai dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Les spécialistes estiment que le dépistage n’est pas assez ciblé.

Pour parvenir à cette estimation plus de 1 400 laboratoires d’analyse de biologie médicale ont été interrogés. Il s’agit d’une nouvelle méthode, un peu plus précise que la précédente, qui se basait simplement sur les déclarations obligatoires de l’infection par les médecins. Auparavant, on évaluait à 1 cas pour 100 000 habitants le nombre de personnes touchées par l’hépatite B aiguë.

Hépatite B aiguë : seuls 9 à 15 % des cas estimés seraient déclarés

D’après l’InVS, le taux de déclaration des infections par le virus de l’hépatite B (VHB) est insuffisant. Il n’atteindrait que 9 à 15 % des cas estimés. À titre comparatif, le taux de déclaration d’infections par le VIH atteint les 72 %.

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En mettant de côté les infections aiguës, le nombre d’individus touchés par le VHB de façon chronique était évalué à 281 000 en 2004. Plus de la moitié de ces personnes (55 %) ne savaient pas qu’elles étaient infectées.

Pour l’InVS, le dépistage n’est pas assez ciblé

Sur les 3,4 millions de tests effectués en 2010 pour l’hépatite B et C, seuls 0,7 % d’entre eux se sont avérés positifs. La preuve que le dépistage n’est pas assez ciblé sur les personnes à risque. Il est, certes, souvent proposé aux personnes souffrant de dépendance à la drogue mais pas assez aux personnes en situation précaire ou originaires d’un pays à forte endémie.

Rappel – L’hépatite B est une infection du foie qui peut devenir chronique. Elle se transmet par contact avec le sang ou avec les liquides biologiques d’une personne infectée. Souvent bénigne, elle peut s’avérer dangereuse pour certains patients (risque de cirrhose ou de cancer du foie).

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Damien Rigat