Hépatites C : les traitements coûteux limités aux cas sévères

La Haute autorité de santé (HAS) recommande d'utiliser les nouveaux traitements de l'hépatite C pour traiter les cas les plus graves. Plus efficaces, ces antirétroviraux sont aussi beaucoup plus chers. Faut-il les prescrire à tous les patients ?

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Si toutes les personnes touchées par l'hépatite C bénéficiaient des nouveaux traitements, cela représenterait une dépense de plus de 3,5 milliards d'euros. ©ShutterStock

Les nouveaux traitements de l’hépatite C pourraient permettre de mettre un terme à la maladie, estiment certains spécialistes. Seul problème : leur prix (environ 55 000 euros). Les autorités sanitaires s’interrogent : faut-il les prescrire à tous les patients ou les réserver aux personnes les plus gravement touchées ? Dans un communiqué publié le 1er juillet, la Haute autorité de santé (HAS) recommande de les utiliser immédiatement pour traiter les personnes ayant atteint les stades sévères de la maladie.

Selon la HAS, il est impossible d’éradiquer l’hépatite C actuellement

On parle de cas sérieux lorsque le malade a développé une cirrhose (stade F4) ou a atteint le stade de fibrose sévères (stade F3). La HAS préconise également le traitement des personnes porteuses à la fois du VIH et du VHC (virus de l’hépatique C), quel que soit leur stade de fibrose. Environ 230 000 personnes seraient aujourd’hui infectées par le virus de l’hépatite C. 50 % d’entre elles ne seraient pas diagnostiquées. Parmi elles, 49 % en seraient au stade de fibrose F2, F2 ou F3, 43 % au stade F0 ou F1.

La HAS est moins enthousiaste que certains experts. Il lui semble difficile de mettre un terme à l’hépatite C au sein de l’Hexagone au regard de la situation actuelle. Les nouveaux dispositifs permettent d’élimer le virus mais « il n’est pas possible à court terme d’éradiquer la maladie sans une politique de dépistage permettant d’identifier les malades qui ignorent leur statut sérologique, et sans une politique visant à éviter toute réinfection », explique l’institution.

Hépatite C : des nouveaux traitements très onéreux

Par ailleurs, l’institution s’interroge « sur la justification et la construction du prix revendiqué par l’industriel, alors même que persistent de nombreuses incertitudes à ce stade sur l’efficacité à long terme et l’efficience de ces traitements ». Le sofosbuvir – premier médicament présenté au comité économique des produits de santé (Ceps) – pourrait coûter environ 55 000 (prix pour la cure totale qui dure douze semaines).

La Haute autorité de santé s’inquiète aussi de l’impact du développement de ces produits sur le budget. Selon la commission de la transparence de la HAS, il y aurait environ 70 000 personnes atteintes de l’hépatite C. S’ils bénéficiaient tous des nouveaux antirétroviraux, cela représenterait une dépense de plus de 3,5 milliards d’euros.

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Damien Rigat