iKnife, le bistouri intelligent

Des chercheurs européens ont mis au point un bistouri électronique capable de détecter en un temps record si le tissu qu’il coupe est sain ou de nature cancéreuse. Son nom : l’iKnife.

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Les concepteurs de l'iKnife espèrent son homologation d’ici deux à trois ans. - crédit photo : Pixland ©ThinkStock

Une équipe de chercheurs hongrois et britanniques vient de présenter le tout premier bistouri intelligent. Baptisé l’iKnife, il serait capable de faire la différence, en quelques secondes, entre du tissu sain et du tissu de nature cancéreuse. Un outil prometteur présenté le 17 juillet dans la revue Science Translational Medicine.

Comment fonctionne l’iKnife ?

Le bistouri diffuse un courant électrique qui chauffe les tissus venant d’être sectionnés. Ce procédé crée de la vapeur, immédiatement analysée par un appareil nommé « spectromètre », en connexion avec l’outil chirurgical. La machine passe à la loupe la composition moléculaire des tissus et la compare à sa base de données (3 000 références). Un procédé complexe réalisé en trois secondes seulement.

L’iKnife est-il efficace ?

Les premiers tests sont très encourageants. Sur 81 patients opérés dans trois hôpitaux hongrois entre 2010 et 2012, l’iKnife est parvenu à distinguer les tissus sains des cancéreux dans 100 % des cas. Les résultats sont les mêmes que ceux du procédé actuellement utilisé. La différence : le temps. Aujourd’hui, des échantillons des tissus prélevés sont envoyés en laboratoire pendant l’opération, afin d’être sûr que la tumeur a bien été retirée. Les résultats parviennent aux chirurgiens en une trentaine de minutes, contre une poignée de secondes avec l’iKnife (Le Figaro).

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De plus, avec la technique actuelle, il est impossible de savoir si toute la tumeur a bien été enlevée. Les chirurgiens découpent alors souvent plus de tissu que nécessaire. Parfois, c’est l’inverse. Les patients doivent se faire opérer à plusieurs reprises, subir une chimiothérapie ou une radiothérapie afin de détruire l’ensemble des cellules cancéreuses.

Le « diagnostic de l’iKnife est particulièrement précis », se réjouissent les auteurs de l’étude. « Nous espérons que cette technologie permettra d’abaisser le taux de récurrence locale d’une tumeur, qui peut atteindre jusqu’à 30 % dans le cas des cancers du sein », explique Zoltan Takats, l’un des auteurs, chercheur à l’Imperial College London.

Combien coûte le bistouri intelligent ?

L’iKnife coûtera aux alentours de 290 000 euros à tout établissement qui souhaite l’acquérir. Un investissement rentable, avancent ses concepteurs. Grâce à l’outil, les équipes médicales gagneront du temps au bloc et les récidives seront moins importantes.

Le bistouri du futur doit encore subir différents tests. Il pourrait être homologué d’ici deux à trois ans.

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Damien Rigat