Implants mammaires : nouveau danger sanitaire

Faut-il interdire les implants mammaires ? La question est une nouvelle fois posée, pour les experts, inquiets de l’augmentation de lymphome anaplastique ces dernières années.

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Un nombre non négligeable qui pose une question cruciale : faut-il interdire les implants mammaires ? ©ShutterStock

Après le scandale des prothèses PIP, les implants mammaires sont à nouveau pointés du doigt, et le sujet est grave. L’Institut national du cancer (INCa) révèle une nouvelle maladie, dans un avis d’experts publié le 4 mars dernier : le lymphome anaplasique à grandes cellules associé à un implant mammaire.

Dix-huit cas recensés, un décès

En trois années, cette forme de cancer a été recensée chez 173 femmes dans le monde, dix-huit en France. Un chiffre qui n’a fait qu’accroitre en 2014. « Nous sommes particulièrement vigilants sur le suivi de l’affaire des prothèses mammaires car c’est la santé des femmes qui est en jeu », déclare François Hébert, directeur général adjoint de l’Agence nationale du médicament (ANSM).

Une vigilance insuffisante ? Sur ces dix-huit femmes, quatorze seraient le fait du laboratoire Allergan. Alors même que les inspections menées depuis l’affaire des prothèses PIP n’ont rien montré de significatif. L’entreprise elle, se défend et met en avant « sa plus totale transparence ».

ANSM va t-elle interdire les implants mammaires ?

En France, 400 000 femmes portent actuellement des implants mammaires, dont 83 % pour des motifs esthétiques et 17 % pour une chirurgie reconstructive, notamment à la suite de mastectomie. Un nombre non négligeable qui pose une question cruciale : faut-il interdire les implants mammaires ?

Une question désormais sur la table et sur laquelle les autorités comptent bien se pencher. « S’il faut prendre des mesures, si on doit les interdire, on le fera », assure François Hébert. « Dans un premier temps, il a été décidé que les femmes qui se font poser des implants mammaires doivent être obligatoirement averties de ce nouveau risque, même s’il est faible ».

Dans dix jours, une réunion décisive doit avoir lieu à l’Agence nationale de sécurité du médicament.

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Laurie Ferrère