Inde : un soutien-gorge électrique pour lutter contre le viol

Trois ingénieurs indiens ont mis au point SHE, un soutien gorge anti-viol qui, tel un taser, envoie une décharge au moindre contact. Alors que les viols ne cessent d’augmenter en Inde, cette invention est peut-être une solution face à une loi qui n’avance pas.

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« Mieux vaut prévenir que guérir » dit le vieil adage. Ainsi, plutôt que d’éduquer les nouvelles générations, voilà qu’apparaît en Inde le premier soutien-gorge anti-viol, mis au point par trois ingénieurs automobiles de Chennai, au sud du pays. Son nom : SHE (Society Harnessing Equipement). Passons sur l’emploi du mot « harness », qui rappelle un bon vieux cheval de trait ou une ceinture de chasteté (rayez la mention inutile) pour se pencher sur les caractéristiques de l’engin.

Quand l’ambiance se fait électrique : SHE est là

Une simple pression sur le soutien-gorge et le procédé s’enclenche. 3 800 kV sont libérés sur l’assaillant par le contact. « Les chocs électriques peuvent être émis jusqu’à 82 fois », affirme Manisha Mohan, co-développeur du projet, à l’Indian Express.

Ce dessous nouvelle génération abrite aussi un système de géolocalisation. Dès le choc électrique déclenché, SHE envoie un SMS d’urgence à la police et aux parents de la victime, indiquant ses coordonnées géographiques.

Une femme violée toutes les 20 minutes en Inde

La décision même de permettre aux femmes de se protéger seules, sans nécessité de couvre-feu, apparaît comme un grand pas en avant, surtout dans un pays ravagé par les violences sexuelles. En effet, une femme serait violée toutes les 20 minutes en Inde, selon les statistiques de l’India’s national crime Records Bureau (ici, le rapport de 2011). Un constat qui devrait alerter les autorités, au regard de l’impact que ces crimes commencent à avoir sur le tourisme.

Selon un récent sondage de l’Associated Chambers de Commerce et d’Industrie de l’Inde (ASSOCHAM), le nombre de touristes étrangères aurait chuté de 35 %, en raison de l’inquiétude liée à la montée des agressions sexuelles (chiffres démenti le 2 avril par le ministère du Tourisme indien). En décembre, le viol collectif d’une étudiante indienne dans un bus, décédée des violences subies, avaient soulevé une vague d’indignation par-delà les frontières.   

Coline Ginchelot