Infections nosocomiales : vers un vaccin contre le Clostridium difficile ?

Sanofi vient d’annoncer le lancement de la phase III de son vaccin contre le Clostridium difficile, une bactérie à l’origine d’infections nosocomiales. Des essais cliniques vont être réalisés sur un groupe de volontaires.

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Le Clostridium difficile (ICD) est l’une des causes principales d’infections liées aux soins potentiellement mortelles dans le monde. ©ThinkStock

Le 5 août, Sanofi Pasteur a annoncé le lancement d’une étude de phase III de son vaccin contre la bactérie Clostridium difficile (C. difficile), responsable d’infections nosocomiales. Il s’agit de la dernière étape avant la commercialisation du produit.

Vaccin Sanofi : 15 000 volontaires recrutés pour réaliser des essais cliniques

Le programme Cdiffense (phase III) a démarré hier. La division vaccins du groupe pharmaceutique Sanofi a recruté 15 000 volontaires de plus de 50 ans afin d’effectuer des essais cliniques. Ces tests seront réalisés dans 200 sites, répartis dans 17 pays. Ils ont pour but d’évaluer « l’innocuité, l’immunogénicité et l’efficacité » du vaccin candidat.

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Le Clostridium difficile (ICD) est l’une des causes principales d’infections liées aux soins « potentiellement mortelles » dans le monde. Il est à l’origine d’infections gastro-intestinales pouvant causer la mort chez environ 8 à 15 % des personnes infectées, et 20 à 30 % des patients touchés feraient une rechute d’ICD, cela entraînant de fréquentes ré-hospitalisations et des séjours de longues durées à l’hôpital (AFP). Aux États-Unis, les soins de courte durée de traitement des ICD coûteraient plus de 7 milliards de dollars chaque année, indique Sanofi.

Bactérie C. difficile : des souches résistantes ont fait leur apparition

« Le risque de contracter le C. difficile augmente avec l’âge, les traitements antibiotiques et la durée des séjours à l’hôpital ou dans les maisons de soins, où le nombre de cas peut provoquer des épidémies », précise Sanofi.

Avec ce vaccin, le laboratoire entend protéger « les individus à risque ». D’autant plus que des souches résistantes se sont développées au fil des ans. Ainsi, les infections nosocomiales « sont devenues plus fréquentes, plus graves et plus compliquées à traiter, ce qui soulève des inquiétudes concernant les méthodes de contrôle et de prévention de la transmission », souligne dans un communiqué le Dr John Shiver, senior vice-président pour la recherche et le développement chez Sanofi Pasteur.

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Damien Rigat