Infertilité : un traitement porteur d’espoir

Des chercheurs japonais et américains sont en train de développer un nouveau type de traitement pour vaincre l’infertilité. Une femme souffrant de ménopause précoce a ainsi pu tomber enceinte, sans avoir recours à un don de gamètes.

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Infertilité - Les auteurs de l’étude évaluent à 30 % l’efficacité de leur méthode, après son optimisation. ©ThinkStock

Elle est âgée d’une trentaine d’années et souffre de ménopause précoce. Pourtant, elle a récemment donné naissance à un petit garçon en parfaite santé, sans passer par le don de gamètes. L’heureux événement est le fruit d’un traitement expérimental, conçu par des chercheurs japonais et américains. Les résultats de leur étude sont parus le 30 septembre dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (Pnas).

Réactiver les follicules endormis

Environ 1 % des femmes en âge de procréer sont touchées par une ménopause précoce, réduisant à 5-10 % leur chance de tomber enceinte. L’équipe du Pr Kazuhiro Kawamura (faculté de médecine St Marianna, à Kawasaki) est en train de développer un traitement qui pourrait leur permettre de procréer plus facilement. Pour mener à bien leur étude, les chercheurs ont rassemblé 27 volontaires âgées de moins de 40 ans, souffrant d’insuffisance ovarienne. Une ménopause précoce signifie que les ovaires n’assurent plus la maturation des follicules permettant la libération d’un ovocyte tous les mois. Objectif des chercheurs : réactiver certains de ces follicules.

Les scientifiques ont prélevé un ovaire sur chaque témoin puis l’ont sectionné, un processus qui favorise la maturation des follicules. Par la suite, ces petits éléments ont été soumis à un traitement médicamenteux stimulant, avant d’être réintégrés dans les trompes de Fallope des patientes. Bilan : la croissance des follicules s’est accélérée chez cinq femmes, qui ont produit des ovocytes sains.

Infertilité : un traitement prometteur mais pas complètement abouti

Dans un deuxième temps, les gamètes ont été fécondés avec les spermatozoïdes des conjoints des patientes. Les embryons ont ensuite été réimplantés dans l’utérus des jeunes femmes. Bilan : une patiente a donné naissance à un garçon en décembre 2012, à Tokyo ; une autre a fait une fausse couche ; deux autres doivent se faire implanter des embryons.

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Les auteurs de l’étude évaluent à 30 % l’efficacité de leur méthode, après son optimisation. Ils devraient poursuivre leurs recherches en observant des femmes âgées de 40 à 45 ans, souffrant d’infertilité pour une autre raison que la ménopause précoce. La route est encore longue avant la commercialisation d’une nouvelle forme de traitement.

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Damien Rigat