Insolite – Attention, applaudir est contagieux

Pourquoi applaudit-on et pourquoi n'applaudit-on pas ? D'après des scientifiques suédois, tout dépend des applaudissements des autres. Il s'agit d'un phénomène contagieux.

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Moins de 3 secondes s'écoulent entre un premier applaudissement et le reste des claquements. ©ThinkStock

Vous est-il arrivé de ne pas oser applaudir un artiste lorsque la salle de concert restait muette ? Ou, au contraire, de vous sentir obligé de le faire étant donné l’enthousiasme ambiant ? Selon des scientifiques suédois, c’est parce que les applaudissements ne relèvent pas d’un choix, mais sont contagieux.

Etudier les applaudissements grâce aux maths

Publiée dans le Journal of the Royal Society le 19 juin 2013, l’étude suédoise s’appuie sur l’observation de six groupes de 13 à 20 étudiants. Filmés durant des présentations orales Power Point, ils applaudissaient selon certains codes.

Les mathématiciens menés par Richard Mann ont relevé qu’il s’écoulait en moyenne 2,1 secondes entre la fin de la présentation et le premier applaudissement : « la propension d’un nouvel individu à commencer à applaudir, après le premier applaudissement, est proportionnelle au nombre d’individus qui sont déjà en train d’applaudir ».

Applaudissements : le phénomène de l’enchaînement systématique

Selon les courbes et chiffres établis, il faudrait moins de trois secondes pour que d’autres applaudissements fusent en réaction au premier claquement de mains. Il s’est également avéré que les étudiants choisissaient la longueur des applaudissements en fonction de ceux qu’ils entendaient autour.

Les scientifiques de l’Université suédoise Uppsala affirme qu’« il s’agit d’une réaction linéaire similaire à ce qu’on retrouve chez les singes pour les décisions liées au mouvement et chez les humains pour le suivi du regard ».

Une méthodologie utile pour le futur

Ce phénomène est connu depuis le XIXe siècle. A l’époque, on engageait des « claques » pour applaudir durant les représentations de théâtre et pousser le public à en faire autant.

Mais les scientifiques estiment que leur méthodologie servira à étudier d’autres manifestations de contagion sociale dans les domaines psychologiques, sociologiques ou économiques. Le rythme auquel les individus quittent les réseaux sociaux pourrait notamment être analysé de façon similaire.

Charlotte Loisy