INSOLITE – Des infractions de rappeurs dévoilées par erreur au public

Des internautes ont berné des policiers par téléphone. Ils ont réussi à obtenir les fiches Stic de certains rappeurs comme Booba, Rohff et la Fouine, et les ont ensuite diffusées sur YouTube.

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Booba fait partie des rappeurs concernés par « l'affaire » des fiches Stic dévoilées sur YouTube. Crédit photo : Collot ©Sipa

Des internautes se sont fait passer pour des policiers pour obtenir les fiches Stic de rappeurs français, tels que Booba, Cortex, La Fouine, Morsay et Rohff. Plusieurs enquêtes ont été ouvertes.

Diffusion de fiches Stic : les farceurs se sont fait passer pour des policiers

Qu’est-ce que le Stic ? Il s’agit du Système de traitement des infractions constatées. Il répertorie l’ensemble des personnes (mises en cause ou victimes) ayant été concernées par une procédure judiciaire (contraventions, crimes, délits).

Fiche Stic = casier judiciaire ? Non. Le casier judiciaire regroupe les condamnations d’une personne. Pas la fiche Stic.

Comment les farceurs s’y sont-ils pris ? Au cours de ces dernières semaines, ils se sont fait passer pour des policiers et ont demandé, par téléphone, à différents commissariats de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, de se connecter au Stic pour en savoir plus sur le casier judiciaire des personnes – ici, des rappeurs – qu’ils auraient interpellées. Une opération menée à bien puisqu’ils ont ensuite pu diffuser ces fiches Stic sur la plateforme de partage YouTube.

VIDÉO – Découvrez la conversation entre les farceurs et la police :

 

Les personnes ayant diffusé les fiches Stic se retrouvent face à la justice

Quelles sanctions risquent les auteurs de ces canulars ? La préfecture de police (PP) de Paris a indiqué le 3 décembre que plusieurs enquêtes avaient été ouvertes après la publication des fiches sur la toile. Elles ont été confiées à la Brigade d’enquête sur les fraudes aux technologies de l’information (Befti), à la demande des quatre parquets de l’agglomération parisienne. Les personnes à l’origine de ces canulars pourraient être poursuivies pour usurpation de la fonction de policier, collecte frauduleuse de données sensibles et divulgation de données à caractère personnel.

Les policiers bernés risquent aussi d’être mis en cause. L’inspection générale des services a en effet été saisie. La préfecture de police défend les policiers concernés, déclarant qu’ils ont avant tout été « abusés ».

Comment se fait-il qu’il soit aussi facile d’obtenir des fiches Stic ? C’est là que le bât blesse. En 2009, la Commission nationale pour l’informatique et les libertés (CNIL) avait publié un rapport dans lequel elle pointait du doigt le manque de sécurisation du Stic. Au mois de décembre 2012, elle a annoncé la mise en place d’un nouveau contrôle, qui devrait prochainement voir le jour.

VIDÉO – le rappeur Cortex s’exprime sur le sujet :

Cécile David