Insolite : il corrige 47 000 fois la même faute

Il y a, dans notre société, certains « obsessionnels », comme cet Américain, connu sous le pseudo Giraffedata, qui a corrigé plus de 47 000 fois la même faute de grammaire sur Wikipédia.

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Tout le monde fait des fautes d’orthographe. ©ShutterStock

La chasse à la faute d’orthographe, de grammaire ou de conjugaison, à l’heure du 2.0, d’anglicismes et de néologismes en tout genre, et de l’abondance typographique « texto », concerne de plus en plus de monde. On voit par exemple se multiplier sur Internet des « justiciers de l’orthographe » comme Bescherelle Ta mère, mais également des plus « obsessionnels » – dira-t-on – comme cet Américain, connu sous le pseudo de Giraffedata sur Wikipédia.

« Cela m’amuse »

Bryan Henderson, de son véritable patronyme, a corrigé plus de 47 000 fois la même faute de grammaire sur la version anglaise de l’encyclopédie participative. L’histoire, rapportée par Backchannel, raconte que chaque dimanche soir, depuis 2007, cet ingénieur de formation, âgé de 51 ans, traque l’utilisation de « comprised of » dans les articles Wikipédia.

Un emploi fautif, une mauvaise utilisation, qui vient d’une confusion fréquente dans la langue de Shakespeare entre deux verbes, « to comprise » (comprendre dans le sens englober) et « to compose » (composer). Bryan Henderson, s’il semble souffrir de troubles obsessionnels, n’est pas peu fier de son travail : « Cela m’amuse. Je ne fais pas cela pour avoir un quelconque impact sur le monde », indique-t-il. Voilà qui est rassurant.

Tout le monde fait des fautes

Mais attention tout de même à « l’arroseur arrosé ». L’Académie Française, institution de référence dans l’emploi de bon sens, tenue par des sages que l’on nomme même « Immortels », a laissé, se glisser, une faute dans sa rubrique « Dire ou ne pas dire » jeudi 5 février, dans un article sur l’emploi correct du verbe « risquer ». Tout un comble.

L’ironie se veut morale : « Tout le monde fait des fautes d’orthographe, moi comme les autres. L’important c’est la volonté d’en faire de moins en moins », disait un certain Bernard Pivot, en 2012.

Laurie Ferrère