Inventeurs : comment faire valoir vos trouvailles ?

Vous avez dans votre besace de Géo Trouvetou des accessoires révolutionnaires ? Suivez le guide pour que vos bouillonnantes idées ne dorment pas dans vos tiroirs.

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Protégez vos inventions ! ©ThinkStock

Et si vous présentiez le concours Lépine ?

C’est là qu’ont été consacrés le fer à repasser vapeur en 1921 ; la machine à laver le linge en 1922 ; la tondeuse à gazon en 1930 ; le coeur artificiel en 1937 ; les verres de contact en 1948. Une vraie référence qui, aujourd’hui encore, propulse les inventions les plus aptes à révolutionner notre quotidien. Témoins, la cuvette de W-C insonorisée, la machine à café multicapsule, le parapluie qui ne se retourne jamais, le range-cigarettesbriquet- cendrier de poche, l’appartement itinérant et pliable de 57 m2 ou encore le hamac de luxe avec accoudoirs, rangements pour boissons et livres dotés d’un ingénieux dispositif de balançoire… Si vous voulez participer l’an prochain, votre invention doit être protégée, il faut que vous présentiez un prototype et que vous soyez adhérent du concours (79 €/an).

1. Protégez votre idée de génie

Une idée en tête ? Ne vous la faites pas piquer ! Obtenez une preuve de votre création en déposant une « enveloppe Soleau » (15 €) avec vos dessins et explications à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI).
Vérifiez ensuite que votre trouvaille en est véritablement une en effectuant gratuitement une recherche d’antériorité à l’INPI.
Tout est OK ? Lancez-vous ! Déposez un brevet aussi à l’INPI, qui protégera votre invention pour vingt ans. Seul hic : 622 € pour le dépôt et une redevance annuelle de 36 € les premières années à 760 € au 20e anniversaire.

A noter : particulier, PME de moins de 1 000 salariés, organisme à but non lucratif ont droit à une réduction… de 50 % ! Voir sur www.inpi.fr

2. Vérifiez qu’elle vaut de l’or

Inutile de vous échiner si votre idée ne correspond pas à une attente réelle. Il est donc impératif de faire, vous-même ou via une agence spécialisée, une étude de marché et de faisabilité. µ
La première étude consiste à poser les bonnes questions. Qui pourrait être intéressé par votre invention ? Avez-vous des concurrents directs ? Comment faire la promotion du produit ? A quel prix pouvez-vous le vendre ? Quels moyens techniques nécessite-t-il ?
La seconde étude consiste à repérer les entreprises aptes à produire et à distribuer votre concept. A vos téléphones ! Le secret des études réussies : aller sur le terrain pour rencontrer vos futurs clients.

A noter : les associations d’étudiants en écoles de commerce peuvent réaliser des études de marché à moindre coût.

3. Peaufinez-la avec un prototype

Marre de la théorie ? Passez à la pratique en réalisant votre premier prototype. Il vous permettra non seulement de vérifier son fonctionnement, mais aussi d’améliorer son design. Le home-made est envisageable, mais gardez à l’esprit qu’il existe des entreprises spécialisées dans les prototypes, pour un coût pouvant varier de 500 € à 10 000 € selon la complexité de votre trouvaille.
Pratique, votre invention doit aussi être esthétique, alors si votre imagination a des limites, tournez-vous vers une agence de design (entre 3 000 € et 10 000 €) qui transmettra directement son modèle 3D à l’usinage.

A noter : deux sites pour vous aider : www.atoutech.com et www.cubedesigners.com

4. Produisez et… encaissez !

Votre prototype est réussi ? Il est temps de produire en série votre petite merveille. Deux solutions. La première, monter votre entreprise et exploiter vous-même votre produit. C’est l’histoire d’Oscar Levi-Strauss, inventeur du jean, dont le groupe revendique aujourd’hui 3,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La seconde, vendre votre brevet, et peut-être à prix d’or ! C’est ainsi qu’est né le stylo à bille devenu Bic : inventé par le Hongrois Laszlo Biro, ses brevets sont rachetés, environ 150 000 !, par Marcel Bich en 1945 qui perfectionna l’invention. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires est estimé à plus de 1,8 milliard d’euros !

A noter : un conseil de Christian Boizard, l’inventeur du W-C insonorisé : pour créer votre entreprise, pensez aux stages de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris. www.entreprises.ccip.fr

Charlotte Laurent