IVG ratée : le médecin doit payer une pension alimentaire

En Espagne, un médecin a été condamné à verser une pension alimentaire après une IVG mal effectuée. L’accusé compte faire appel de la décision.

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IVG ratée : le médecin doit payer une pension alimentaire ©ThinkStock

L’histoire commence en 2010, lorsqu’une jeune femme espagnole, âgée de 24 ans, se retrouve enceinte. La grossesse étant avancée de seulement sept semaines, elle décide de ne pas garder l’enfant et de procéder à une IVG.

La jeune femme se rend alors à la clinique de Emece, à Palma, pour subir l’intervention. Deux semaines plus tard, le médecin lui confirme que tout s’est bien passé et qu’elle n’est plus enceinte.

Un examen à la va-vite

« Le scan a duré trois minutes, puis j’étais dehors », commente la maman. « C’était du genre : « Ca va, vous pouvez y aller et reprendre votre vie normal » ».

Seulement voilà ! Trois mois plus tard, la jeune femme, présentant à nouveau des signes de grossesse, pense être retombée enceinte involontairement. Elle retourne alors à la clinique et les doutes sont confirmés : elle attend bien un enfant. Ce dont elle ne se doutait pas, c’était qu’il s’agissait du même que la première fois.

Alors à six mois de grossesse, la patiente n’a plus le choix, elle doit garder le bébé et tout révéler à sa famille.

Le médecin condamné

A la suite de ces péripéties, la jeune demoiselle a décidé de porter plainte. Le médecin qui a pratiqué l’IVG est alors condamné à verser 150 000 euros à la plaignante et une pension alimentaire de 978 euros mensuels jusqu’aux 25 ans de l’enfant. C’est une première en Espagne.

L’avocate de la jeune maman, Eva Munar, a même commenté « nous ne savons pas si ça s’est déjà produit dans le monde », mais selon elle, « c’est un verdict correct pour une erreur médicale ».

Tout le monde n’est pas de cet avis, puisque le médecin en question va prochainement faire appel de la décision.

Un bébé en bonne santé malgré l’IVG

Aujourd’hui, tout va bien pour le bébé et sa maman. Malgré l’intervention, l’enfant est en bonne santé et la jeune femme se réjouit de sa présence.

« Maintenant, ça va, parce que j’ai dû accepter les choses. Il n’y a pas d’autre solution. Je suis heureuse avec mon fils », a affirmé la maman. « Quand je devrai lui expliquer tout ça, j’essaierai de m’assurer qu’il le prenne bien. C’était à l’époque qu’il n’était pas désiré, aujourd’hui ça a changé », a-t-elle conclu.

Mathilde Bourge