La cigarette électronique, plus efficace que le patch ?

Selon une étude néo-zélandaise, les adeptes de la cigarette électronique parviendraient plus facilement à arrêter de fumer que les utilisateurs de patchs. Aucun élément, en revanche, sur son impact sur la santé.

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La cigarette électronique a déjà conquis près de 500 000 Français et 7 millions d’Européens. ©ThinkStock

Le doute subsiste autour de la cigarette électronique et de ses effets sur la santé. Une étude néo-zélandaise vient redorer son blason : l’e-cigarette serait plus efficace que le patch pour arrêter de fumer. Les conclusions de ces travaux menés par Chris Bullen (Université d’Auckland, Nouvelle-Zélande) ont été publiées le 7 septembre dans le journal médical The Lancet.

Cigarette électronique vs patch : 3-0

Selon Chris Bullen, la cigarette électronique permettrait d’obtenir des effets similaires à celui du patch sur une période d’au moins six mois. Voire légèrement meilleurs. L’étude a été menée sur 657 fumeurs désirant arrêter le tabac. 7,3 % des témoins ayant utilisé pendant 13 semaines la cigarette électronique ont totalement arrêté de consommer du tabac, contre 5,8 % des utilisateurs de patchs à la nicotine. Mais cette différence a été jugée par l’auteur « statistiquement non significative ».

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En revanche, l’e-cigarette serait nettement plus efficace que le patch pour diminuer la consommation de tabac chez les personnes n’ayant pas encore réussi à complètement arrêter de fumer. Plus de la moitié des vapoteurs (57 %) sont parvenus à diviser par deux ou plus leur consommation contre 41 % des utilisateurs de patchs. De plus, un tiers des fumeurs ayant testé la cigarette électronique ont adopté le produit, contre 8 % des personnes ayant testé le patch.

Cigarette électronique : dangereuse ou pas ?

Tous à l’e-cigarette ? Les enquêtes réalisées sur le sujet se contredisent. Certaines études pointent du doigt la dangerosité du produit. En août, 60 millions de consommateurs assurait avoir détecté des « molécules cancérogènes » dans les vapeurs de la cigarette électronique. Pourtant, quelques mois plus tôt, l’équipe du professeur Dautzenberg – chargée de remettre un rapport au gouvernement – mettait en avant l’efficacité du produit et l’absence « d’effet toxique à court terme, y compris dans sa vapeur ». Elle soulignait, par ailleurs, qu’en dépit de quelques effets encore inconnus, la cigarette électronique était « 1/1000ème de fois moins nocive que la cigarette classique » (Métro).

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Nocive ou pas, l’e-cigarette a déjà conquis près de 500 000 Français et 7 millions d’Européens. Afin de limiter la consommation abusive (notamment chez les jeunes), la Commission européenne devrait prochainement proposer un encadrement du produit. La cigarette électronique pourrait ainsi être interdite aux mineurs et classée comme un médicament.

Damien Rigat