La comète de Rosetta sent l’œuf pourri

D'après les astronomes, la comète Tchourioumov-Guérassimenko qu'escorte la sonde Rosetta ne sentirait pas la rose. On vous laisse découvrir les adjectifs utilisés par les scientifiques.

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D'après les astronomes, la comète Tchourioumov-Guérassimenko qu'escorte la sonde Rosetta ne sentirait pas la rose. ©ShutterStock

Odeur d’œufs pourris, d’écurie, relent d’alcool… Les astronomes ne manquent pas de mots pour qualifier l’odeur de la comète Tchourioumov-Guérassimenko qu’escorte la sonde Rosetta. Son parfum est « plutôt fort », décrit Kathrin Altwegg, principale responsable de l’instrument Rosina, qui évoque une « odeur âcre et suffocante du formaldéhyde […] mélangée avec l’arôme d’amande amère du cyanure d’hydrogène. »

« Ajoutez un relent d’alcool (méthanol) à ce mélange, associé à l’arôme vinaigré du dioxyde de soufre, et un soupçon du parfum doux et aromatique du sulfure de carbone, et vous arrivez au parfum de votre comète », explique Kathrin Altwegg.

Une odeur qui en dit long

Au-delà de l’aspect anecdotique, « tout ça fait un mélange extrêmement intéressant d’un point de vue scientifique pour étudier l’origine des matériaux de notre système solaire, la formation de notre Terre et l’origine de la vie », souligne-t-elle.

En 2012, des astronautes avaient déjà été questionnés sur l’odeur de l’espace. Selon eux, l’endroit sentait le steak poêlé, le métal chaud, la poudre à canon ou la fumée de soudage. Le chimiste Steve Pearce avait été plus loin en évoquant une odeur rappelant « la transpiration de pieds et une odeur corporelle rance […] mélangés avec du dissolvant et de l’essence ». Le but de cette opération était de recréer l’odeur nauséabonde de l’espace dans le but d’habituer les futurs voyageurs avant leur départ.

Mathilde Bourge