La crise du logement affecte les recrutements

Selon une étude réalisée par le Crédoc, les problèmes de logement des salariés toucheraient, par répercussion directe, les entreprises.

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La crise du logement affecte les recrutements

« Depuis 1995, l’évolution des revenus des ménages ne suit plus le rythme de la hausse des prix de l’immobilier », affirme le Crédoc, qui a publié une étude mettant en relation crise du logement et mauvaise santé des entreprises.

Les jeunes salariés, les familles monoparentales ou les salariés en intérim: voici, selon les patrons, les principales victimes de l’explosion des prix du logement. Des habitats plus onéreux chaque année, qui poussent les salariés à s’éloigner des grandes villes, donc de leur entreprise.

Un trajet à rallonge

Si les employés vivent plus loin de leur lieu d’activité, le temps de trajet maison/travail est, par conséquent, affecté lui aussi. On constate d’ailleurs une augmentation moyenne de quatre minutes du parcours des salariés depuis un peu plus de dix ans. Un délai court mais qui est pourtant précieux aux yeux des entreprises, car le temps passé dans les transports aurait une influence sur la productivité des travailleurs, pour 18% des entrepreneurs sondés. Une étude de Technologia, parue en 2010, avait d’ailleurs déjà établi un lien entre « retard et stress accumulé » pendant les trajets et la forme des salariés, fatigués avant même leur arrivée au travail.

Des difficultés de recrutements

Le fait que les prix du logement augmentent touche aussi les recrutements. Les zones où les entreprises sont basées sont peu à peu dépeuplées, le vivier de travailleurs potentiels aux alentours s’en voit donc réduit. De leur côté, Les chômeurs se voient également bridés dans leur recherches, puisqu’un employeur privilégiera un candidat vivant à proximité.

Quant aux employés déjà en place dans l’entreprise, bons nombres hésitent à accepter des mutations incluant des promotions, par peur de devoir habiter dans un logement plus cher, sans compter les frais d’agence ou de déménagement. Un phénomène qui provoque donc une certaine rigidité interne.

Des conséquences inquiétantes, quand on sait que 43% des grandes entreprises considèrent que leurs salariés souffrent de problèmes de logements, et que 40% s’en disent directement affectées. Le phénomène est d’autant plus vrai en Ile-de-France et dans la région PACA, où le prix de l’immobilier a explosé ces dernières années.

Des réactions

Même si 97% des établissements disent ainsi n’avoir jamais envisagé de changer de localisation pour faciliter le logement de leurs employés, les entreprises « commencent à prendre en compte ces difficultés », rapporte l’étude.

Un tiers des entreprises déclare envisager certaines actions, comme la mise en place d’aides financières ou la proposition de logements dont l’entreprise est propriétaire. Parmi les entrepreneurs, 25% ont décidé de faire appel à Action Logement, qui accorde des prêts à l’acquisition et à la construction.

Ces chiffres concernent surtout les grosses entreprises, qui ont les moyens de d’investir dans une politique du bien être de leurs salariés. Les petites entreprises, quant à elles, se retrouvent pour le moment dans l’impasse.

Mathilde Bourge