La dépression n’augmente pas le risque de cancer

Contrairement à ce que pense la majorité des personnes, la dépression ne favoriserait pas la venue d'un cancer, rapporte une étude française.

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25 % des personnes atteintes connaissent un ou plusieurs épisodes dépressifs ©ThinkStock

Il existe des facteurs évidents de risque de cancer : exposition à des produits toxiques, hérédité, obésité… Et on pensait jusqu’alors que la dépression en faisait partie. Une étude française, publiée mardi 1er octobre dans l’American Journal of Epidemiology, vient mettre à mal cette idée reçue. Cédric Lemogne, psychiatre à l’hôpital européen Georges Pompidou (Paris), a analysé les données médicales de 14 203 employés d’EDF-GDF (cohorte Gazel), recueillies entre 1994 et 2009. Parmi eux, 1 119 ont développé un cancer.

Le médecin s’est alors penché sur les informations concernant leur état de santé mentale, avant de parvenir à cette conclusion : être déprimé n’a aucune incidence sur la survenue ou non d’un des cinq cancers dépistés chez ces participants (côlon, sein, prostate, cancer associé au tabac, cancer des organes lymphoïdes ou hématopoïétiques). Des résultats qui mettent fin à une croyance ne datant pas d’hier. « Dès Hippocrate et les débuts de la médecine, on associait déjà la présence de bile noire, qui a donné le terme mélancolie, au développement des tumeurs malignes », raconte C. Lemogne.

La dépression peut survenir après l’annonce du cancer

En revanche, rapporte l’étude, l’annonce d’un cancer peut augmenter le risque de dépression. D’après le chercheur, 25 % des personnes atteintes connaissent un ou plusieurs épisodes dépressifs au cours de leur maladie. Et c’est à ce moment que médecins et proches du malade doivent être vigilants. Une maladie mentale peut en effet aggraver les effets du cancer, les personnes atteintes ayant souvent tendance à négliger leurs soins. En même temps que le dépistage d’un cancer, il est donc important de surveiller l’apparition de symptômes dépressifs. 

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Thomas Levy