La guerre au Liban en 10 questions

Cela fait 24 jours que l'armée israélienne a engagé de lourdes opérations militaires contre son voisin le Liban. Elle lui reproche d'abriter de nombreux miliciens du mouvement armé Hezbollah coupable d'avoir enlevé deux de ses soldats il y a quelques semaines. Voilà 10 questions et 10 réponses pour mieux comprendre ce conflit.

0
2295
La guerre au Liban en 10 questions ©ThinkStock

1 – Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ? Au milieu du mois de juillet, deux soldats de Tashal, l’armée israélienne, sont enlevés par la branche armée du Hezbollah, un important mouvement politique chiite libanais. L’état hébreu, qui a toujours veillé à ne pas abandonner ses soldats retenus prisonniers par l’ennemi, est donc resté fidèle à sa ligne de conduite face à cette provocation.

2 – Qu’est-ce que le Hezbollah ? Le Hezbollah libanais (qui signifie en arabe Parti de Dieu) est considéré comme un mouvement de résistance à Israël par une partie des pays arabes, contrairement à de nombreux gouvernements dont les Etats-Unis et la Grande- Bretagne qui l’assimilent à une organisation terroriste. Ce mouvement est constitué d’environ 5000 miliciens et possède des armes comme des roquettes et des missiles.

3 – La riposte d’Israël estelle justifiée ? Israël est victime d’attaques répétées de la part du Hezbollah et l’enlèvement de deux de ses soldats est une provocation de plus. En ripostant fermement à ce harcèlement, Israël joue en partie sa survie face aux terroristes, mais aussi et surtout face aux pays qui les soutiennent comme la Syrie et l’Iran. Toutefois, les spécialistes s’accordent à dire que Tsahal n’attendait que cette occasion pour attaquer le Hezbollah sur ses terres, mais l’ampleur de la riposte semble disproportionnée.

4 – Qui dirige le Liban ? Théoriquement, c’est le Premier ministre Fouad Siniora qui est aux commandes du pays. Ce proche de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri doit, dans les faits, composer avec l’Iran et la Syrie qui ont une influence très importante, et avec le Hezbollah, très populaire au Liban, qui a des députés au Parlement et deux ministres au gouvernement. Une situation qui lui complique singulièrement la tâche.

5 – Que change le massacre de Cana ? En bombardant un immeuble de la ville libanaise de Cana et en causant la mort d’au moins 28 civils, dont de nombreux enfants, dimanche dernier, Israël a choqué beaucoup de pays. L’armée israélienne admet avoir commis une erreur, mais accuse le Hezbollah de s’être servi de civils comme boucliers humains. Ce massacre s’ajoute à la mort d’observateurs de l’ONU sous des tirs israéliens il y a une dizaine de jours. Toutes ces erreurs de Tsahal pèsent lourd dans l’opinion internationale qui souhaite de plus en plus vivement un cessez-le-feu.

6 – Que fait la communauté internationale? L’ONU voudrait voter une résolution pour imposer un cessez-le-feu, trouver un accord entre le Liban et Israël et envoyer une force internationale de stabilisation. Mais les dissensions au sein du conseil de sécurité, bloquent toute prise de décision, notamment à cause des Américains qui usent de leur droit de veto.

7 – Quelle est la position des Etats-Unis ? Historiquement Washington est un allié d’Israël. L’état américain octroie plus de 2, 5 milliards d’euros d’aide par an à l’état hébreu. La lutte contre le terrorisme menée par George W. Bush depuis le 11 septembre 2001 a renforcé le lien entre les deux pays. Par ailleurs en soutenant Israël, les Etats-Unis marquent plus encore leur opposition à l’Iran qui soutient le Hezbollah et qu’ils soupçonnent de vouloir mettre la main sur l’arme nucléaire.

8 – La France peut-elle jouer un rôle ? Malheureusement le poids de la diplomatie française est mineur face à un état hébreu soutenu par les Américains et à un Hezbollah enfermé dans une logique terroriste. Malgré tout, les liens culturels et historiques entre la France et le Liban pourraient permettre au quai d’Orsay de se poser en médiateur.

9 – Un cessezle- feu est-il envisageable ? A l’heure actuelle, Israël refuse un cessez-le-feu, souhaitant mener à bien son offensive militaire au Liban et réduire les forces du Hezbollah. Et tant que les Etats- Unis ne changeront pas de position, il y a fort à parier que l’état hébreu n’acceptera pas un cessez-le-feu contre sa volonté.

10 – Y avait-il eu des précédents ? Ce n’est pas la première fois que le Liban et Israël s’affrontent. En 1968 déjà, l’état hébreu avait mené un raid aérien sur l’aéroport de Beyrouth après l’attaque par un commando palestinien d’un avion d’une compagnie israélienne. En 1978 ensuite, Israël envahit le Liban-Sud pour mettre fin aux attaques menées depuis cette région contre le nord du pays. Après un court accord de paix trouvé en 1983, les tensions réapparaissent entre les deux pays, et en 1996 Israël mène pendant 17 jours une opération contre le Hezbollah au Liban. En 2000, enfin, Tel-Aviv décide le retrait de ses troupes du Liban-Sud, avant de revenir ces jours derniers.

La rédaction