La Lune serait bien née suite à une collision céleste géante

Depuis quarante ans, les astronomes recherchent la preuve irréfutable que la Lune serait bien née d'une collision géante entre la Terre et un corps céleste. Une équipe de chercheurs américains aurait trouvé finalement ce qui pourrait confirmer cette théorie.

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Des chercheurs auraient trouvé LA preuve confirmant que la Lune est bien née d’une collision céleste. Cette théorie, dite de « l’impact géant », est évoquée par de nombreux astronomes depuis les années 70, après que les astronautes des premières missions d’Appolo ont ramené des roches lunaires, analysées sous toutes les coutures.

Cette hypothèse supposait que la Lune, née il y a 4,5 milliards d’années, serait née de la collision entre la Terre primitive et un corps céleste de la taille de Mars, baptisé Théia (mère de la Lune, Séléné, dans la mythologie grecque). Les scientifiques rappellent, pour mieux prendre conscience de la violence du choc, que l’astéroïde qui a percuté notre planète et a mis fin à l’ère des dinosaures ne faisait « que » la taille de Manhattan.

Cet impact géant aurait libéré énormément d’énergie, provoquant la fonte de Théia qui s’est finalement évaporée, tout comme une partie de l’enveloppe terrestre. Une partie du nuage de roches vaporisées se serait de nouveau agrégée à la Terre, tandis que l’autre se serait solidifiée non loin de là, donnant naissant à notre satellite naturel.

Origine de la Lune: quarante ans de recherches qui aboutissent

Depuis plus de quarante ans, les spécialistes se sont donc attelés à prouver la véracité de cette théorie en analysant plusieurs roches, venues des quatre coins de la Lune. Si jusqu’à aujourd’hui, les preuves arrivaient petit à petit mais n’étaient pas suffisantes, il semblerait que le Français Frédéric Moynier et son équipe de l’université de Washington (Etats-Unis) aient découvert un léger voile de zinc sur une vingtaine de roches lunaires, comparées avec la composition de roches terrestres et une dizaine de météorites martiennes.

Jusqu’alors, il était admis que la Terre, tout comme Mars, était riche en éléments volatils, contrairement à la Lune. Mais le zinc découvert dans les échantillons lunaires comporte des variantes atomiques beaucoup plus lourdes que le sol terrestre ou martien. Les conditions qui prévalaient au moment de la formation de notre satellite ont provoqué une volatilité et un fractionnement supérieurs à ceux de la Terre ou de la planète rouge. « Il s’agit de preuves convaincantes que la Lune a vu ses éléments volatils diminuer, affirme James Day de l’université de San Diego, dans l’article de Nature, publié le 18 octobre. Comment retirer tous ces éléments d’une planète, ou dans ce cas précis d’un corps planétaire ? Il faut en quelque sorte que la Lune ait fondue à grande échelle afin de fournir la chaleur nécessaire à l’évaporation du zinc. Il s’agit plus probablement d’une des conséquences de la manière dont s’est formée la Lune plutôt que d’un processus volcanique à petite échelle. » L’explication la plus plausible reste donc la collision géante.

« Ces travaux ont aussi des implications pour l’origine de la Terre, qui est étroitement liée à l’origine de la Lune », ajoute Frédéric Moynier. En effet, sans l’influence stabilisatrice de la Lune, notre planète serait bien différente de celle que l’on connaît aujourd’hui. Elle serait beaucoup moins propice à la vie humaine, avec des jours plus courts et un climat très changeant.

Mathilde Bourge