La lutte contre le sida s’imprime avec du sang

C’est un numéro bien spécial que publie Vangardist pour le mois de mai 2015. Pour sensibiliser la population à la lutte contre le sida, ce mensuel autrichien pour hommes a imprimé certains numéros avec le sang de personnes séropositives.

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Le dernier numéro de Vangardist imprimé avec du sang. ©Capture d'écran / Youtube

« Ce magazine a été imprimé avec le sang de personnes atteintes du VIH. » Voilà ce qu’on peut lire sur la couverture du Vangardist daté de mai 2015. Ce mensuel autrichien destiné aux hommes se veut progressiste et souhaite mobiliser ses lecteurs à la lutte contre le sida. Pour cela, 3 000 exemplaires de ce magazine ont été imprimés avec le sang de personnes infectées. Ce numéro spécial est vendu en ligne mais aussi en kiosque en Autriche, en Allemagne et en Suisse. Il est disponible en anglais et en allemand. Le journal a pu réaliser ce projet avec la collaboration de l’agence de publicité Saatchi & Saatchi Switzerland.

Vangardist se mobilise contre le sida

Cette initiative part d’un constat simple : le sida touche de plus en plus de personnes et est encore aujourd’hui la sixième cause de mortalité au monde. Selon Jason Romeyko, le directeur de création exécutif de Saatchi & Saatchi Switzerland, le nombre de cas détectés ne baisse pas parce que la sensibilisation s’essouffle. Le but est donc de relancer le dialogue sur la maladie pour que les gens continuent à se protéger.

Ce numéro souhaite aussi lutter contre la stigmatisation des individus séropositifs. Il met en avant les malades qui expliquent comment ils vivent au quotidien avec le virus. Via la campagne #HIVHeroes, il souhaite encourager les personnes infectées à témoigner pour qu’elles ne soient plus autant discriminées.

Les éditeurs comptent vendre aux enchères quelques exemplaires « contaminés ». Les profits seront destinés aux associations de lutte contre le sida. Ils font également un appel aux dons auprès de leurs lecteurs.

Sida : pas de contamination au toucher

Vangardist sait que cette édition va choquer voire effrayer certaines personnes mais, qu’ils se rassurent, il n’y aurait pas de risque de contamination. L’agence de publicité révèle d’ailleurs la méthodologie utilisée pour imprimer ces journaux. Le sang de trois donneurs (de sexe, d’âge et d’orientation sexuelle différents) a été prélevé puis pasteurisé. En clair, leur sang a été exposé à de fortes températures (plus de 60°C) puis refroidi rapidement pour éliminer toute trace du virus. Ensuite, il a été mélangé avec de l’encre à hauteur d’une dose de sang pour trois doses d’encre.

Malgré ces précautions, des lecteurs risquent d’être apeurés par ces numéros. Jason Romeyko précisait donc le 30 avril à CBS News que les numéros « infectés » sont recouverts d’une pochette plastique pour permettre aux gens de choisir. De plus, 15 000 exemplaires non–contaminés seront aussi vendus en kiosque.

« Si vous tenez actuellement une copie « infectée » du magazine papier entre vos mains, vous êtes en contact avec le VIH comme vous ne l’avez jamais été auparavant, explique Julien Wiehl, directeur du Vangardist. Cela vous fera réfléchir à propos du VIH et vous penserez différemment à l’avenir. Parce que maintenant, ce problème est entre vos mains ».

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Résumé en vidéo de l’initiative de Vangardist :

Yuna Boudré