La nuit guérirait les phobies

D'après une étude américaine, travailler les phobies durant la phase de sommeil léger des patients permettrait d'atténuer les peurs.

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Des chercheurs sont parvenus à guérir les peurs de leurs patients durant leur sommeil ©ThinkStock

Les vertus du sommeil sont inépuisables. Si l’on savait déjà que bien dormir permettait de moins grossir et d’atténuer les douleurs, une étude, publiée dans la revue Nature Neuroscience, nous apprend qu’il serait possible de vaincre nos phobies durant notre sommeil.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs de l’Ecole de médecine de Feinberg (Etats-Unis) ont fait appel à quinze volontaires. Chacune de ces personnes a dû visualiser deux images de différents visages, tout en sentant une odeur associée à chaque photo (bois, baskets neuves, citron, clou de girofle, menthe etc.). Au même moment, les cobayes recevaient un léger choc électrique. Les scientifiques cherchaient à créer chez leurs volontaires une anticipation de ce choc et donc de la peur.

A leur réveil, la peur avait diminué

Après avoir associé chaque image à une odeur et une appréhension, les chercheurs ont observé leurs cobayes durant leur phase de sommeil léger. Pendant qu’ils dormaient, les scientifiques ont diffusé dans l’air l’odeur associée à l’une des images et au choc électrique.

Comme ils dormaient, ils n’ont évidemment pas vu le visage associé, mais il était supposé que leur esprit établirait néanmoins une connexion entre odeur et image. En revanche, ces deux sens n’étaient plus associés à la peur, puisque pendant le sommeil, les volontaires n’ont reçu aucun choc électrique. Pendant cette phase de sommeil, la mémorisation est censée être forte. Les chercheurs ont donc supposé qu’au réveil, les participants n’auraient plus peur du visage. « Cela réactivait le souvenir du visage encore et encore, exactement comme le processus d’extinction de la peur que l’on utilise en thérapie d’exposition », explique Katherina Hauner. Au réveil, les patients ont de nouveau regardé les images de visages tout en sentant le parfum associé. Résultat : leur peur était beaucoup moins importante lorsqu’ils visionnaient l’image associée à l’odeur qu’ils avaient senti pendant leur sommeil que lorsqu’ils regardaient le second visage.

Pour l’auteur de cette étude, « c’est une découverte novatrice. Nous avons montré une petite mais significative diminution de la peur. Si cela peut être étendu à des peurs pré-existantes, cela voudrait dire qu’on pourrait traiter des phobies pendant le sommeil », s’est-elle réjouie.

Maxime Quéma