La paresse, une question de gènes ?

Selon une étude parue dans la revue American Journal of Physiology, la fainéantise serait génétique.

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Selon les chercheurs Frank Booth et Michael Roberts, la fainéantise pourrait être inscrite dans les gènes. ©ThinkStock

La mine boudeuse, il traîne des pieds, peut rester des heures à s’abrutir devant la télévision, avachi sur le canapé. Le flemmard, certains ont envie de le secouer, les autres de se joindre à lui… Mais, pitié, cessons de la blâmer ! Selon une étude publiée dans la revue American Journal of Physiology, la paresse pourrait être inscrite dans les gènes.

Flemmards de père en fils

Les chercheurs Frank Booth et Michael Roberts ont mobilisé une cinquantaine de rats pour parvenir à cette conclusion. Ils ont constitué deux groupes : les « motivés » et les « paresseux ». Les premiers allaient volontiers faire un petit tour de roue, tandis que les autres préféraient l’inactivité.

Les deux scientifiques ont ensuite fait s’accoupler les 26 meilleurs sportifs, puis les 26 meilleurs flemmards. Le scénario a été répété sur dix générations. Constat : la lignée des rongeurs actifs courait, en moyenne, dix fois plus que celle des pantouflards.

Les scientifiques se sont alors demandé si la paresse ne serait pas génétique. Bingo ! « Sur 17 000 gènes présents dans une certaine partie du cerveau, nous avons identifié 36 gènes pouvant jouer un rôle dans la motivation à faire de l’exercice physique », explique Frank Booth.

Cette étude pourrait être un premier pas pour expliquer certains comportements directement reliés à la prise de poids : « Il serait très utile de savoir [s’il existe des] personnes génétiquement prédisposées au manque de motivation, ajoute Franck Booth. Cela pourrait potentiellement les rendre plus enclines à l’obésité ».

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Damien Rigat