La prison, c’est facturé 100 euros par jour

Le rapport parlementaire sur les prisons du député UMP Jean-René Lecerf pointe de fortes disparités sur le coût des prévenus, notamment entre le public et le privé. Focus.

0
1928
Et pour cause, on compte 1,2 personne de l’encadrement pour les surveiller et veiller sur eux. ©ShutterStock

Depuis les événements tragiques des7, 8 et 9 janvier, tous les yeux sont braqués sur le fonctionnement des prisons, véritables lieux de radicalisation. Pour éclairer son regard, un coup d’œil sur le rapport parlementaire de l’UMP Jean-René Lecerf rédigé en novembre dernier, est riche d’enseignements. On y retrouve des chiffres précis sur la surpopulation carcérale, des tableaux sur les actes de violence entre détenus et des éléments chiffrés sur le coût de la détention.

En moyenne, le coût journalier d’un prisonnier, c’est-à-dire les sommes dépensées en alimentation, entretien et personnel est de 100 euros par jour. Plus précisément, de 106 euros dans les établissements de courtes peines, de 103 euros pour les centres pénitentiaires et de 89 euros dans les maisons d’arrêt. En centrale, qui accueille les détenus qui ont écopé de lourdes peines, le tarif journalier est de 191 euros. Une telle différence du montant de la dépense s’explique par une présence du personnel plus forte et un besoin accru en matériel. Mais ce sont les détenus mineurs qui reviennent le plus cher : 500 euros par jour et par personne.

L’état vétuste des prison en cause ?

Et pour cause, on compte 1,2 personne de l’encadrement pour les surveiller et veiller sur eux. Mais ce n’est pas tout. On enregistre aussi de fortes disparités selon le type de gestionnaire de l’établissement, c’est-à-dire public ou privé. Si dans les centres de détention, centres pénitentiaires et maisons d’arrêt, la gestion privée se traduit par un budget légèrement moindre que dans le secteur public, dans les centrales c’est nettement l’inverse : de 30 à 60 euros plus chers.

Les raisons sont simples. Il suffit que la structure soit de plus petite taille pour que, ramenés à chaque détenu, les frais généraux soient proportionnellement plus élevés. L’état de la prison impacte aussi le budget entretien qui viendra alourdir le budget global. Quant aux aménagements de peine, ils reviennent naturellement moins cher que la détention pure et dure. En semi-liberté, un détenu coûte 50 euros, en placement extérieur 30 euros et sous bracelet électronique 12 euros. Mais à quoi bon faire tous ces calculs ? Pour envisager une meilleure gestion de la dépense. En augmentant par exemple l’aménagement des peines tout en tenant compte de leur efficacité en mesurant le taux de récidive, il est possible de désengorger les prisons et de réduire leur coût de fonctionnement. Une piste à méditer.

Lire aussi : Les gardiens de prison interdits de grève
Lire aussi : Jacques Bompard réclame la parité … en prison !

Par Alexandra Da Rocha