La solution contre les punaises de lit : le haricot

Des chercheurs souhaitent mettre au point un mécanisme pour éradiquer les punaises de lit. Pour inventer leur procédé, ces scientifiques se sont inspirés d'une méthode ancestrale : les feuilles de haricot.

0
3735
Les feuilles de haricot transpercent les pattes des punaises de lit et stoppent leur ascension

Les punaises de lit sont des insectes coriaces. En voie d’extinction après la Seconde Guerre mondiale, elles ont repris du poil de la bête en développant leur résistance (comme tous les insectes) à certains insecticides. Pourtant, une méthode ancestrale, mais peu connue, permet de lutter efficacement contre elles en Bulgarie ou en Serbie : les feuilles de haricot. Le principe de cette « astuce de grand-mère » consiste à recouvrir le sol autour du lit de ces feuilles, qui retiennent prisonniers les parasites suceurs de sang. Le matin, il ne reste plus qu’à brûler les feuilles pour se débarrasser des punaises.

C’est cette vieille « astuce de grand-mère » qui a inspiré des entomologistes de l’Université de Californie et de l’Université du Kentucky, qui ont créé une barrière synthétique durablement efficace, mimant le mécanisme de ces feuilles.

Les feuilles de haricot transpercent les pattes des punaises

Les chercheurs ont observé, en laboratoire, les pérégrinations des insectes à la surface des feuilles de haricot, grâce à des caméras vidéo à haute résolution et des microscopes à balayage. Avant ces recherches, les scientifiques pensaient que les poils des feuilles agissaient comme de l’adhésif pour piéger les insectes. En réalité, les entomologistes ont constaté qu’elles possédaient des pointes très effilées, appelées trichomes, qui transperçaient les pattes des punaises aux endroits stratégiques, les clouant sur place.

Grâce à cette observation, les scientifiques ont conçu des surfaces imitant le mécanisme des trichomes du haricot. Si le concept est sur la bonne voie, il n’est pas aussi efficace que l’original, car les parasites ne restent pas empalés. « La nature est difficile à imiter, mais les bénéfices pourraient être énormes », a déclaré Michael Potter, l’un des chercheurs de l’Université du Kentucky. Les entomologistes continuent donc leurs recherches pour arriver à un résultat presque identiques à celui des feuilles de haricot.

Maxime Quéma