La sonde Messenger s’éteindra demain sur Mercure

Après plus de quatre ans de service, Messenger va s'écraser le 30 avril sur Mercure. Tout au long de sa mission, la sonde de la Nasa a étudié la surface de la planète la plus proche du Soleil, transmettant aux astronomes de précieuses données.

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La sonde Messenger a notamment permi aux scientifiques de valider l'hypothèse selon laquelle Mercure contiendrait d'importantes quantités d'eau glacée. - crédit photo : HelenField ©ShutterStock

Clap de fin pour Messenger. La sonde de la Nasa devrait s’écraser sur la surface de Mercure demain, jeudi 30 avril. Lancée en 2004, elle a voyagé pendant plusieurs années dans l’espace pour rejoindre au plus près et ainsi étudier la plus petite planète de notre système solaire, la plus proche du Soleil aussi. En 2011, elle est mise en orbite, c’est le début de sa mission. Messenger devait initialement œuvrer pendant seulement un an, elle aura finalement travaillé pendant un peu plus de quatre ans, précédant ainsi à Mariner 10, propulsé vers Mercure dans les années 70.

La chute de Mercure ne sera pas observable depuis la Terre

Depuis le 21 avril, les ingénieurs du centre de contrôle du Laboratoire de physique appliqué (APL), dans le Maryland (États-Unis), préparent la fin du projet. Après la dernière correction d’orbites, qui a eu lieu le 24, le vaisseau a épuisé la quasi intégralité de son carburant (hélium). Il devrait finir sa course demain en s’écrasant sur le sol de Mercure à une vitesse d’environ 14 000 kilomètres par heure. Sa chute devrait provoquer la formation d’un cratère d’une dizaine de mètres.

Le spectacle devrait être fascinant. Manque de chance, il aura lieu lors d’une occultation planétaire (Messenger passera derrière la planète et ne sera pas visible depuis la Terre). Les scientifiques ne pourront donc pas le contempler.

La prochaine mission vers Mercure sera européenne et japonaise

Pendant ses quatre ans de service, Messenger a permis aux scientifiques de l’agence américaine de récolter de précieuses informations. « Pour la première fois de l’histoire, nous avons une bonne connaissance de Mercure qui révèle une planète fascinante dans notre système solaire », résumé John M. Grunsfeld, le directeur des missions scientifiques de la Nasa (AFP). La machine a notamment permis de vérifier la théorie selon laquelle Mercure contiendrait d’importantes quantités d’eau sous forme de glace. Cette eau glacée se trouverait dans les zones polaires de la planète.

De nombreuses données restent encore à analyser. Grâce à elle, quelques-uns des mystères de l’objet céleste pourraient être percés. Mais l’observation de Mercure ne s’arrête pas là. En 2022, la sonde BepiColombo, gérée par les agences spatiales européennes et japonaises, devrait à son tour s’élancer vers la petite planète.

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Damien Rigat