La Terre entame sa dette écologique

Le mardi 20 août, l'humanité a épuisé les ressources naturelles que la Terre peut produire en un an. Les hommes vivront à crédit jusqu'à la fin de l'année 2013.

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En 2014, l'humanité a épuisé les ressources naturelles annuelles de la Terre en 232 jours ©ThinkStock

Sale temps pour l’écologie. Selon l’organisation non gouvernementale Global Footprint Network, créatrice du concept d’empreinte écologique, les ressources naturelles que la Terre peut produire en un an ont déjà été épuisées. L’humanité va donc vivre à crédit pour le reste de l’année après être entrée, le 20 août, en période de « dette écologique ».

Pour évaluer cette empreinte écologique, l’ONG calcule, tout comme une entreprise le ferait, l’écart entre l’offre et la demande de ressources naturelles. Et selon Global Footprint Network, l’humanité vivrait « au-dessus de ses moyens » depuis le début des années 70. En 1993, le seuil avait été atteint le 21 octobre. En 2003, le 22 septembre. L’année dernière, le « jour du dépassement » était tombé le 23 août. Cette année, le 20. Une période qui se raccourcit d’année en année et qui aggrave la situation environnementale de notre planète. Mathis Wackernagel, fondateur de GFN, est loin d’être optimiste. Non seulement le « déficit écologique […] se creuse de manière exponentielle depuis cinquante ans », mais il assure également que de nos jours, l’humanité aurait besoin d’une planète et demi pour subvenir à ses « besoins » pendant un an. D’ici trente ans, il faudrait l’équivalent de deux Terres.

Surmenage écologique : quels pays sont responsables de cette « dette » ?

GFP ne se contente pas de sortir des chiffres effrayants concernant l’écologie. L’objectif de l’ONG tente également de comprendre d’où viennent ces dépenses excessives et qui en sont les principaux responsables.

D’après leur rapport, la moitié du déficit en ressources naturelles proviendrait des rejets de dioxyde de carbone, trop élevés pour que notre écosystème puisse les tolérer. On apprend également que le Qatar détient la plus grosse empreinte écologique du monde, suivi par le Koweït et les Emirats arabes unis. Pour mieux visualiser l’impact écologique de ces pays, l’ONG explique qu’il faudrait 6,6 planètes comme la nôtre si tout le monde vivait comme les Qataris. Les Etats-Unis ne sont pas non plus un exemple à suivre : 4 Terres seraient nécessaires si nous étions tous Américains. De leur côté, les Français consomment « les ressources disponibles de 1,6 France ».

Mathilde Bourge