La vapoteuse au cannabis débarque en France

A peine commercialisée, elle fait déjà beaucoup de bruit. La première cigarette électronique à base de cannabis débarque en France. Et c’est légal.

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La Kanavape ne contient pas de THC, la molécule euphorisante du cannabis. ©ShutterStock

Ne l’appelez pas « e-joint » ou « pétard électronique ». Car, si elle y ressemble, la vapoteuse au cannabis, lancée aujourd’hui en toute légalité par une société française, se destine à un usage thérapeutique. Non pour se marrer avec les copains en soirée… Cette cigarette, appelée la Kanavape, a bien reçue l’autorisation de mise sur le marché de la part des autorités françaises. Mais comment un produit au cannabis – plante prohibée dans notre pays – a-t-il pu être validé ?

Pour comprendre le principe de la Kanavape, une petite leçon de chimie s’impose. Le cannabis contient un taux important d’une molécule dite canabidiole (CBD). Cette molécule, qui possède des vertus anti-douleurs et anxiolytiques, peut être utilisée pour soulager des malades. Son usage n’est pas interdit en France. Mais on trouve également dans le cannabis, en quantité élevée, du Tétrahydrocannabinol (THC), une autre molécule qui agit sur l’activité cérébrale en provoquant des réactions de type psychotrope (paranoïa, béatitude, euphorie…). C’est bien celle-ci qui intéresse les fumeurs de joint habituels.

Une vapoteuse au cannabis pour soulager, mais pas « défoncer »

Afin de rendre légale leur vapoteuse, ses inventeurs ont eu l’idée d’extraire le THC de la plante, mais de garder la CBD. Résultat : la Kanavape a la possibilité de soulager, mais pas de « défoncer ». « Nous ce qui nous motive, c’est de voir comment on peut aider des gens qui souffrent, qui ont des maladies graves, grâce à ces molécules de cannabinoïdes », explique Antonin Cohen, l’un des trois Français a l’origine du projet, au magazine Vice.

La start-up envisage de commercialiser la vapoteuse au cannabis sur une boutique en ligne dédiée. Pour l’heure, aucun contrat n’a été signé avec des lieux de distribution physique, comme les magasins de cigarettes électroniques, mais les dirigeants assurent avoir rencontré beaucoup de personnes intéressées. La frilosité des commerçants vient sans doute du fait qu’à peine annoncé, ce produit provoque la controverse.

Le débat sur l’usage thérapeutique du cannabis risque, de toute façon, d’être relancé, dès le mois de janvier 2015, avec l’arrivée sur le marché français du Sativex, le premier médicament dérivé de cette plante, destiné à soulager les patients atteints de sclérose en plaques. 

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Thomas Levy