L’accouchement aquatique présente-t-il un risque ?

Alors qu’il s’apparente à un phénomène de mode, l’accouchement aquatique ne serait pas sans risques selon des experts américains, et n'apporterait aucun bénéfice.

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L'accouchement dans l'eau doit être considéré comme une procédure expérimentale ©ThinkStock

Prôné par un désir de retour à l’essentiel, d’accouchement non-médicalisé, sans péridurale ni césarienne, les accouchements en milieu aquatique sont de plus en plus « à la mode ». Mais cette méthode s’avère ne pas être aussi « douce » qu’on l’imagine.

L’académie américaine de pédiatrie et le collège des gynécologues-obstétriciens pointent du doigt les dangers potentiels que peut représenter cette méthode d’accouchement. Publiée dans la revue scientifique américaine Pediatrics, l’étude de ces deux groupes d’experts montre qu’il n’existe aucune preuve que l’immersion dans l’eau améliore les résultats périnataux, mais que jamais la sécurité et l’efficacité de la technique n’ont été établies.

Accouchement aquatique : des cas d’effets indésirables

Une étude qui va à l’encontre de ce que promettent les défenseurs de cette technique qui selon eux, permettrait de diviser par trois le temps de l’accouchement et de diminuer les recours à l’anesthésie.

Pis, les scientifiques relayent même quelques cas d’infections liés à de l’eau sale, de saignement, de problèmes respiratoires ou même de noyades. Ainsi, ils citent les résultats d’une étude randomisée (répartition aléatoire) comparant les suites d’un accouchement standard avec un accouchement dans l’eau : 12 % des enfants nés par accouchement aquatique ont dû être admis en unités de soins intensifs alors qu’aucun enfant né par accouchement standard n’a été hospitalisé en soins intensifs.

En France l’accouchement aquatique n’est pas démocratisé

En l’absence de preuves sur l’efficacité et la sécurité de cette méthode, et compte tenu des cas d’effets indésirables, l’académie américaine de pédiatrie et le collège des gynécologues-obstétriciens estiment que l’accouchement dans l’eau doit être considéré comme une procédure expérimentale, réalisée dans le cadre d’un essai clinique – et en aucun cas en routine – avec le consentement de la femme.

En France, l’accouchement aquatique n’est pas démocratisé. Le premier centre français de naissance aquatique prévu en Bretagne en 2012, n’a jamais vu le jour, car il n’était pas « un établissement d’accouchement et ne répondait nullement aux conditions d’hygiène, de sécurité et d’organisations des soins requises par le Code de la santé publique ».

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Laurie Ferrère