L’agence spatiale européenne veut nettoyer l’espace

L'ESA veut nettoyer l'espace de ses 6 500 tonnes de débris. Un détritus de seulement 10 centimètres serait capable de détruire un vaisseau spatial en cas de collision.

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Un détritus de seulement 10 centimètres serait capable de détruire un vaisseau spatial en cas de collision. ©ThinkStock

L’univers est devenu une véritable décharge. D’après l’Agence spatiale européenne (ESA), qui souhaite nettoyer l’espace, 6 500 tonnes de débris graviteraient autour de la Terre.

Satellites abandonnés, morceaux de fusées… Au total, pas moins de 29 000 objets mesurant de 1 millimètre à 10 centimètres risquent, à tout moment, d’entrer en collision avec les nouveaux éléments envoyés dans l’espace. « Un objet de 10 centimètres serait capable de briser totalement un vaisseau spatial au moment de l’impact », assure Heiner Klinkrad, chef des détritus de l’espace à l’ESA. « Rien qu’une collision avec un objet d’un centimètre à la vitesse classique de 50 000 km/h dégagerait une énergie équivalente à une grenade qui explose ». Rien de très rassurant pour les futurs astronautes.

Un filet géant pour récupérer les détritus

Alors que les scientifiques, ingénieurs, astronomes et universitaires se penchent sur la question du « comment nettoyer l’espace ? », une solution a déjà été évoquée. Il s’agirait d’étendre un filet géant ou un laser d’énergie suffisamment puissant pour désintégrer les débris de satellites ou de navettes.

Une solution plausible, mais qui soulève quelques problèmes. En dehors du coût de l’opération, les questions de droit international et de propriété des débris se posent. Or, le temps presse. Depuis 1961, les débris s’accumulent et ces dernières années, l’ESA a recensé 250 explosions, « dégageant encore plus de débris. Le risque de réaction en chaîne est donc élevé. On parle de syndrome Kessler », précise Heiner Klinkrad. « C’est-à-dire des collisions de débris en cascade qui rendraient certaines régions orbitales inutilisables à long terme. » A terme, une partie de l’espace pourrait devenir impraticable.

Mathilde Bourge