Lame de cutter retrouvée dans une conserve William Saurin : le procès s’ouvre aujourd’hui

Le tribunal de Paris devra déterminer à partir d’aujourd'hui si le groupe alimentaire William Saurin a laissé ou non par mégarde une lame de cutter dans une de ses conserves. Le 31 décembre dernier, un retraité avait failli avaler l’objet en mangeant un bœuf bourguignon de la marque.

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C’est ce lundi que s’ouvre au tribunal de Paris le procès opposant un retraité du Maine-et-Loire au groupe alimentaire William Saurin. Christian Vest, 70 ans, reproche à la société d’avoir laissé tomber une lame de cutter de 6 cm dans une conserve de bœuf bourguignon qu’il avait acheté quatre jours plus tôt dans son magasin d’alimentation habituel. Cette lame avait failli être avalée par le plaignant le 31 décembre dernier au moment où il mangeait avec son épouse le contenu de la boîte de conserve. «Je n’invente rien. Nous étions attablés pour le déjeuner le 31 décembre lorsque j’ai senti comme un bout d’os dans un morceau de viande. Je me suis mis à saigner juste devant ma femme et j’ai sorti de ma bouche cette lame, je n’en revenais pas» avait raconté M. Vest en janvier. Au final, ce dernier s’en était sorti indemne, seulement légèrement coupé à la lèvre supérieure.

Suite à cet incident, le retraité, par l’intermédiaire de son avocat Me Emmanuel Ludot, avait saisi le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, ville du siège de William Saurin. Pour l’avocat, «il ne s’agit pas d’une petite pointe ou d’un petit débris mais d’une lame de cutter pour moquette. La moindre des choses, pour une entreprise, c’est de s’excuser auprès de ses clients». Il réclame pour son client une expertise médicale et une provision de 5 000 euros pour indemnisation du préjudice.

« Nous ne nous expliquons pas comment une lame de cutter ait pu se retrouver dans une boîte»

Du côté de la défense et de son avocat Me Olivier Metzner, on s’étonne qu’un tel objet se soit retrouvé dans une conserve. Il avance l’argument que toute la marchandise de l’entreprise est passée au détecteur à métaux suite à l’incident et rien d’anormal n’était à signaler. William Saurin estime pour sa part que toutes ses fabrications «sont conformes et rien ne permet d’affirmer que cette pièce provient de l’entreprise. Nous ne nous expliquons pas comment une lame de cutter ait pu se retrouver dans une boîte».

Enfin, un dernier élément pourrait sérieusement remettre en cause les accusations de Christian Vest : un installateur de lino aurait passé un appel téléphonique anonyme au service consommateurs de l’industriel, expliquant avoir travaillé chez le couple de retraités et oublié par mégarde des cutters. Un de ces cutters pourrait avoir été servi à l’ouverture de la conserve « qui était tordue » selon Me Olivier Metzner.

Ce sera ainsi à la justice de déterminer si cette histoire de cutter est à couper au couteau.

Adrien Guiset