L’ancêtre du tricératops, pas plus gros qu’un dindon

Des fossiles de dinosaures retrouvés au Venezuela indiquent que l’ancêtre du tricératops n’était pas plus imposant qu’un dindon et vivait déjà en troupeau.

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Squelette de tricératops exposé au Senckenberg Museum de Francfort-sur-le-Main (Allemagne). Crédit : srdjan draskovic / Shutterstock.com ©ShutterStock

Bien qu’herbivore, le tricératops a toujours fait partie de ces dinosaures effrayants, avec sa collerette et ses cornes ! Pourtant, si l’on remonte le cours de ses origines, on apprend qu’il est issu d’un petit animal bipède, pas plus gros qu’un dindon, vivant en troupeau et amateur de fougères. Tout de suite plus sympathique. Selon une étude relayée le 7 août dans la revue britannique Proceedings of the Royal Society, le « Laquintasaura venezuelae » (nom donné en référence au pays dans lequel il a été exhumé) vivait en Amérique du Sud, il y a 200 millions d’années, au tout début de l’ère jurassique.

Les fossiles d’au moins quatre spécimens, découverts au Venezuela, indiquent que ce dinosaure mesurait environ 1 mètre de la tête à la queue pour 25 centimètres de large, au niveau du bassin. Comme les oiseaux, il possédait un bec et se déplaçait sur deux pattes. Quant à son alimentation, les chercheurs l’imaginent herbivore, mais ses dents aux extrémités incurvées laissent à penser qu’il complétait son régime avec des insectes et autres petites proies.

Le Laquintasaura vivait déjà en troupeau

Les caractéristiques du Laquintasaura ont permis aux chercheurs de l’identifier comme l’un des plus anciens représentants des ornithischiens. C’est de cette grande famille, dont le fil des origines était jusqu’alors décousu, que sont descendus, quelques dizaines de millions d’années après, les gros dinosaures quadrupèdes tels que le tricératops, l’iguanodon ou encore le stégosaure. « Le fait qu’ils appartiennent à une espèce aussi nouvelle qu’ancienne signifient que nous pouvons combler des lacunes dans notre compréhension de l’évolution suivie par différents groupes de dinosaures », résume Paul Barret, paléontologue au Muséum d’Histoire naturelle de Londres et auteur de l’étude.

Pour finir, deux faits concernant le Laquintasaura ont étonné les chercheurs. Le premier, qu’il vivait déjà en troupeaux à une période aussi reculée ; le second, qu’on ait découvert des restes fossiles dans la formation géologique de La Quinta, dans les Andes vénézuéliennes, une zone jugée jusqu’alors trop hostile pour avoir abrité des dinosaures. 

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Julie Toury