Le contraceptif masculin, c’est pour bientôt ?

Et si c’était aux hommes de prendre la pilule ? Au Mexique, des chercheurs ont découvert le point faible des spermatozoïdes, ce qui pourrait permettre de mettre au point un contraceptif masculin réversible.

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En bloquant les canaux ioniques, les scientifiques empêcheraient aux spermatozoïdes de fonctionner correctement. ©ThinkStock

Après les scandales des pilules de 3e génération, les femmes s’interrogent de plus en plus sur la dangerosité de la contraception. Des scientifiques mexicains planchent actuellement sur un contraceptif masculin, un moyen peut-être de pallier aux risques.

Les experts de l’Institut de biotechnologie de l’Unam (Université nationale autonome du Mexique) ont identifié comment créer un médicament contraceptif masculin réversible, évitant toute manipulation des hormones.

Pour cela, ils ont étudié la composition des spermatozoïdes et ont détecté la présence de canaux ioniques, des protéines qui permettent le passage de substances dans les cellules, comme le calcium ou le potassium. La chercheuse Claudia Treviño explique à El País que ces canaux aident le spermatozoïde à nager : « Si nous pouvons les bloquer de façon ciblée, nous inhibons leur fonction ».

Contraception masculine : moins d’effets secondaires

L’avantage d’une telle approche est qu’elle n’influence pas les autres cellules, ces protéines n’existant que dans les spermatozoïdes. Il y a moins de risque d’effets secondaires. En plus de cela, l’homme fabrique de nouveaux spermatozoïdes tous les jours. Dès qu’il arrête le contraceptif, il recommence donc à être fertile.

Les scientifiques cherchent une molécule qui puisse bloquer les canaux ioniques. Cet été, ils vont réaliser des tests à l’aide de venins d’animaux et en collaboration avec des compagnies pharmaceutiques. Ils sont déjà associés à l’Institut technologique d’études supérieures de Monterrey (ITESM), au gouvernement du district fédéral et au Conseil national de science et de technologie (CONACYT) pour accélérer les recherches.

Contraceptif masculin : la fin d’une discrimination ?

S’ils parviennent à trouver cette molécule, la mise au point du contraceptif risque de prendre du temps : il faut vérifier que cela n’est pas toxique, réaliser des tests sur les humains…

Pour Alberto Darszon Israel, chef de l’étude, cela permettrait de partager la responsabilité et les effets secondaires du contrôle de la natalité entre les hommes et les femmes. Que les femmes soient seules à y faire face aujourd’hui, « c’est un signe de discrimination de genre », confie-t-il à El País.

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Charlotte Loisy