Le décret sur l’évaluation des enseignants sera annulé

Luc Chatel, ministre de l’Education, a publié le 8 mai un décret modifiant l’évaluation des enseignants. Une réforme en « forcing » selon ses opposants politiques, qui devrait être annulée sous la présidence de François Hollande.

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Le 8 mai, le Journal Officiel publiait un décret modifiant l’évaluation des enseignants. Luc Chatel, après avoir tenté la médiation, qui fut un échec, a tout de même décidé de faire passer la réforme.

Cette modification avait pourtant déplu aux syndicats d’enseignants, qui avaient manifesté le 15 décembre et le 31 janvier derniers.

Suite à ces refus, le ministre de l’Education avait proposé une réunion aux syndicats, qui avaient refusé. « Aucun échange constructif n’a en réalité eu lieu » déplore Vincent Peillon, conseiller éducation de François Hollande.

Un décret qui sera annulé

Le conseiller, pressenti comme le futur ministre de l’Education sous le mandat du Président socialiste, assure que le décret sera annulé « dès la prise de fonction de François Hollande ». Ce qui constituerait une deuxième entaille dans le bilan de Nicolas Sarkozy, après le texte instaurant la TVA sociale.

L’évaluation des enseignants consiste aujourd’hui en une évaluation administrative complétée par le verdict d’un inspecteur régional. La réforme de Luc Chatel souhaite qu’un entretien soit réalisé tous les trois ans par le supérieur hiérarchique direct de l’enseignant, soit le chef d’établissement. Le décret est censé entrer en vigueur dès le 1er septembre prochain.

Les syndicats d’enseignants craignent un impact négatif sur la carrière des professeurs, notamment sur leur salaire. Et la méthode de « forcing » de Luc Chatel n’a pas plu.

Selon Vincent Peillon, « la gestion de ce dossier important a constitué, de la part du gouvernement sortant, un modèle de mépris du dialogue social dont il fut coutumier, mais la date retenue pour la publication constitue aussi un passage en force du point de vue politique peu compatible avec les usages républicains et tout à fait inacceptable ».

Mathilde Bourge