Le Faso Soap, un savon anti-moustique pour lutter contre le paludisme

Deux étudiants africains ont décroché le premier prix du concours Global Social Venture Competition grâce à leur Faso Soap, un savon qui permet d’éloigner les moustiques et de réduire la propagation du paludisme.

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En Afrique subsaharienne, le paludisme est la première cause de mortalité. ©ThinkStock

Quelques jours avant la Journée mondiale de la lutte contre le paludisme (25 avril), deux étudiants de l’Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE, Burkina Faso) ont présenté un savon capable d’éloigner les moustiques, premiers vecteurs de la maladie. Son nom : le Faso Soap.

Fosa Soap : un savon anti-moustique accessible à tous

Grâce à cette invention prometteuse, Gérard Niyondiko (Burundi) et Moctar Dembele (Burkina Faso) ont remporté le concours Global Social Venture Competition (GSVC). Le Faso Soap est composé de souci officinal (plante herbacée), de citronnelle, de karité et d’autres ingrédients non communiqués par les inventeurs, soucieux de préserver leur secret. Les deux étudiants ont pris soin de concevoir un produit adapté à tous et d’utiliser des ressources exclusivement locales.

Comment le Faso Soap éloigne-t-il les moustiques ?

1. Grâce à son odeur.

2. Grâce à « un composant intérieur, qui tue les larves et empêche leur prolifération dans les eaux stagnantes », précise Lisa Barutel, chargée de mission GSVC. (Sciences et Avenir, 22 avril 2012)

Le Faso Soap est aussi intéressant d’un point de vue financier. Un pain de savon ne coûterait que 300 francs CFA, soit 0,46 centimes d’euros.

Des tests ont été réalisés sur une partie de la population à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Les résultats sont globalement très encourageants.

En décrochant la première place du concours GSVC, Gérard Niyondiko et Moctar Dembele ont remporté 25 000 dollars, une somme qui va leur permettre d’améliorer leur prototype et de lancer leur entreprise une fois diplômés.

VIDÉO – Présentation du programme contre le paludisme (en anglais) :

© DR

Le paludisme tue entre 660 000 et 1 million de personnes chaque année

Rappel – Le paludisme, aussi appelé « malaria », est une maladie infectieuse transmise à l’homme par des piqures de moustiques infectés, appartenant au genre Anopheles. Il est dû à plusieurs espèces de parasites.

Dans un rapport paru en mars 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique qu’en 2010, le paludisme « a été à l’origine de 660 000 décès (avec une marge d’incertitude comprise entre 490 000 et 836 000), pour la plupart parmi les enfants africains ».

L’Institut Pasteur, de son côté, chiffre à environ 500 millions le nombre de cas cliniques de paludisme enregistrés chaque année. Au total, 1 million de personnes décèderaient des suites de la maladie. La plupart des malades proviennent d’Afrique subsaharienne, où le paludisme est la première cause de mortalité.

Le Fao Soap apporte un peu d’espoir à la population africaine, d’autant plus que les spécialistes ont remarqué que les parasites devenaient de plus en plus résistants aux molécules antipaludiques et que les insecticides étaient de moins en moins efficaces contre les moustiques.

Lire aussi : Pourquoi doit-on se méfier du moustique-tigre ?

Cécile David