Le manque de sommeil perturbe l’activité des gènes

Dormir de façon insuffisante aurait un impact sur l’activité des gènes. Des scientifiques ont constaté que le manque de sommeil pouvait modifier l’intensité de l’activité de centaines de gènes, dont certains seraient liés au stress ou au fonctionnement du système immunitaire.

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une personne sur cinq souffre d'insomnie en France. - Image d'illustration ©Fotolia

Troubles cognitifs, prise de poids… plusieurs recherches ont démontré les effets négatifs que pouvait provoquer un manque de sommeil continu sur notre organisme. Une étude publiée le 23 janvier dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences révèle que l’activité des gènes serait perturbée par le manque de sommeil. Une piste qui pourrait permettre de mieux comprendre les raisons de la survenue de troubles ou de maladies liés à une insuffisance de repos.

Les effets du manque de sommeil sur notre organisme restent un mystère

« Un sommeil insuffisant et des troubles du rythme circadien sont associés à des conséquences négatives sur la santé, telles que l’obésité, des maladies cardio-vasculaires, et des troubles cognitifs, mais les mécanismes impliqués demeurent largement inexplorés », rapporte les auteurs de l’étude, reprise par Slate le 26 février.

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Pour mieux comprendre les effets du manque de sommeil sur la santé, des chercheurs anglais du Centre de recherche sur le sommeil du Surrey (près de Londres) ont observé 26 personnes âgées entre 23 et 31 ans, pendant 12 jours. Durant la première semaine, les témoins devaient dormir 10 heures par nuit, la semaine suivante seulement 6 heures.

L’intensité de l’activité des gènes diminue en cas de manque de sommeil

Après chaque phase, l’équipe de chercheurs – menée par le Pr Derk-Jan Dijk – a analysé le sang de chaque volontaire. Bilan : après la deuxième semaine, plus de 711 gènes ont vu l’intensité de leur activité diminuer, par rapport à la première semaine. Des gènes liés, pour certains, au fonctionnement du système immunitaire ou au stress.

Cette découverte pourrait permettre aux chercheurs de mieux comprendre les mécanismes biologiques qui favorisent le développement de certaines maladies liées au manque de sommeil, commente The Guardian, dans un article publié le 25 février à propos de l’étude. Parmi ces pathologie : l’obésité, le diabète, le stress et les maladies cardiaques.

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Par ailleurs, l’équipe de scientifique a remarqué que l’horloge biologique des personnes ne dormant pas assez pouvait être complètement bouleversée, et ce, de façon durable. Au cours d’une journée normale, les gènes sont plus ou moins actifs. En cas de manque de sommeil, les chercheurs ont constaté que certains d’entre eux pouvaient ne plus fonctionner du tout.

« Une différence relativement modeste dans le temps de sommeil mène à ces types de changement », précise le Pr Derk-Jan Dijk. Cette étude ne permet pas, cependant, de savoir si ce bouleversement de l’activité des gènes est « uniquement » dû à un changement brutal de la qualité du sommeil. Les chercheurs ne savent pas, pour l’instant, si l’effet observé persisterait sur une personne qui ne dort pas de façon suffisante depuis plusieurs mois, voire plusieurs années.

Damien Rigat