Le « médecin des pauvres » suspendu à Roubaix

Le docteur Christophe Lamarre, connu pour être le « médecin des pauvres et des Roms » à Roubaix, vient d’être suspendu pour 4 mois par le tribunal des affaires de la sécurité sociale. Motif : « Exercice potentiellement dangereux de la médecine ».

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Démantelement d'un camp de Roms à Roubaix en septembre 2013 ©Sipa

C’est une marée médiatique qui innonde le docteur Christophe Lamarre depuis mardi 4 mars, date à laquelle la Voix du Nord faisait connaître sa condamnation à quatre mois, dont deux avec sursis, de suspension d’activité, au motif suivant : « exercice potentiellement dangereux de la médecine, pouvant entraîner un danger pour les patients ».

Pour le médecin, connu pour son investissement sans limite auprès des déshérités, cette condamnation vise au contraire à blâmer sa suractivité.

Un médecin trop suractif ?

Dans la région de Roubaix, les médecins ne se bousculent pas : dans le quartier où exerce le docteur Lamarre, il n’y aurait ainsi qu’un médecin pour 10 000 habitants. De fait, le médecin recevait jusqu’à 80 patients par jour, contre 25 en moyenne nationale ! Un chiffre démesuré qui peut certes poser des questions sur la qualité des consultations mais ne peut en tout cas pas être un motif suffisant de suspension.

Une sanction pour des prescriptions trop longues

Le tribunal des affaires de la sécurité sociale qui l’a condamné – et non l’Ordre des médecins – réfute une sanction liée à sa suractivité en tant que médecin. Le motif serait réellement médical : le docteur Lamarre aurait trop prescrit sur des durées déconseillées du Subutex ou d’autres produits dérivés à base de morphine : c’est donc partant d’un principe de prescriptions pouvant être dangereuses pour les patients que le tribunal a tranché.

De son côté le médecin ne comprend pas cet acharnement, d’autant que selon lui, il aurait déjà fortement diminué les prescriptions depuis qu’il avait reçu un premier rappel à l’ordre de la sécurité sociale : alors pourquoi cette condamnation aujourd’hui ?

Philosophe, le praticien a déclaré qu’il profiterait de l’arrêt forcé de son activité pour s’occuper pleinement du dossier des Roms qu’il défend ardemment. Rappelons qu’en fin d’année dernière, le docteur Lamarre avait déjà fait parler de lui en hébergeant dans son cabinet médical des familles de Roms dont leur campement du Galon-d’eau avaient été démantelé. Sa récente condamnation pourrait bien finalement servir son combat médiatique pour faire connaître les causes qu’il soutient.

Hélène Desmazures