Le petit déjeuner boudé par les Français

Biscotte, croissant, chocolat chaud, soda... le petit déjeuner des Français n’est plus ce qu’il était. D’après une étude du Credoc, les habitants de l’Hexagone rechignent de plus en plus à se nourrir chaque matin.

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Un adolescent sur trois préfère faire l'impasse sur le petit déjeuner. ©ThinkStock

Selon les nutritionnistes, le petit déjeuner est un repas essentiel, le corps ayant besoin de recharger ses batteries au bout de 10 heures de jeûne. Un conseil que beaucoup ne semblent pas entendre… Le Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) vient de publier les résultats d’une enquête sur les habitudes des Français. Constat : ils sont de plus en plus nombreux à sauter ce repas.

Les adolescents zappent le petit déjeuner

Le nombre de petits déjeuners pris par semaine était pourtant en hausse jusqu’en 2003. Selon l’étude, publiée dans la revue Consommation et modes de vie, les adultes ne sont plus que 86 % à prendre chaque jour un petit déjeuner, contre 91 % il y a dix ans. Du côté des enfants, on constate des chiffres similaires. C’est chez les adolescents, qu’on note le plus grand laisser-aller : seuls 59 % d’entre eux petit déjeunent chaque matin, alors qu’ils étaient encore 79 % à le faire en 2003.

Ces derniers loupent souvent le premier repas le mardi et le jeudi, alors que les adultes ont tendance à s’en passer en fin de semaine. Mais aucun ne manque le petit déjeuner du week-end. Les habitants des zones urbaines sont plus nombreux à prendre cette habitude, notamment à Paris.

Le petit déjeuner : une habitude qui se perd

Le Credoc explique cette baisse par un changement des comportements familiaux, qui tendent à s’individualiser. Les adultes privilégient quelques minutes de sommeil en plus et n’obligent plus les enfants à se lever plus tôt pour les faire manger. Quant aux adolescents, ils veulent plus d’autonomie et partent parfois petit-déjeuner à l’extérieur.

Cependant, les petits déjeuners des Français tendent à être plus copieux et plus longs. Prenant davantage le premier repas de la journée seul, on choisit ses aliments préférés. Résultat : la contribution des petits déjeuners aux apports génétiques a augmenté. Chez les 30-59 ans, elle atteint 20 % des apports totaux, contre 16 % en 2003.

Au niveau de la composition des petits déjeuners, les viennoiseries sont moins prisées, sûrement à cause de leur prix plus élevé. Nouveauté : les plus jeunes troquent les boissons chaudes contre des sodas ou des jus de fruits.

Les spécialistes rappellent qu’un enfant n’ayant pas petit-déjeuné aura plus de mal à se concentrer en classe.

Charlotte Loisy