Le Sénat propose d’interdire les cabines UV, comme au Brésil

Une mission parlementaire s’est penchée sur le bronzage artificiel, l’épilation à lumière pulsée et autres interventions destinées à nous rendre « plus beaux ». Elle préconise une réglementation plus stricte, jusqu’à envisager l’interdiction des cabines UV.

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Une mission du Sénat préconise l'interdiction des cabines UV ©ThinkStock

L’alerte de deux médecins français, en mai dernier, sur le danger du bronzage artificiel semble avoir été entendue. Dans un rapport intitulé « Santé, beauté, une priorité : la sécurité », une mission d’information du Sénat préconise l’interdiction des cabines UV, excepté pour raison médicale (traitement du psoriasis, une maladie de la peau), « afin d’éviter un nouveau scandale sanitaire ». « Les UVA (délivrées par les lampes) sont inefficaces, ils ne préparent pas au bronzage naturel, ne synthétisent pas la vitamine D, et leur danger, c’est le mélanome (cancer de la peau, ndlr) », a argumenté Bernard Cazeau, le rapporteur PS de la mission, lors d’une conférence de presse.

Le rapport relève que le Brésil – pays où l’on aime pourtant exhiber son corps hâlé – a déjà interdit les cabines à UV. Cette mesure entrera également en vigueur en Nouvelle-Galles du Sud, l’Etat le plus peuplé d’Australie, d’ici 2014. Marisol Touraine, la ministre de la Santé, s’était exprimé au mois de mai en faveur d’un durcissement de la réglementation des instituts de bronzage, mais avait écarté leur interdiction. Le rapport des sénateurs pourrait-il la faire changer d’avis ? Ces quelques pages auront au moins le mérite de poser les bonnes questions sur les interventions à visée esthétique en France.

L’épilation à lumière pulsée et les implants, eux aussi pointés du doigt

La mission du Sénat s’est également intéressée de près à la photodépilation à lumière pulsée. Elle propose d’encadrer cette pratique de manière stricte, en raison du risque de brûlure de la peau qui y est liée. « À faible intensité, elle est totalement inefficace, et à densité plus élevée, elle peut être dangereuse si elle est pratiquée par n’importe qui », a martelé M. Cazeau.

Le rapport propose aussi de réserver les actes esthétiques « présentant des dangers sérieux pour la santé » (y compris les traitements anti-calvitie ou anti-rides par injection) aux médecins, comme c’est déjà le cas pour l’épilation au laser.

Marqués par le scandale des prothèses mammaires PIP, la mission s’est enfin penchée sur les implants au sens large (seins, hanches, genoux, stimulateurs cardiaques…). Elle déplore « de graves lacunes du système européen de contrôle des dispositifs médicaux », et une certification encore trop « laxiste ».

Selon le rapport, les Français devraient pouvoir avoir facilement accès à des informations claires et précises, sur le site de l’ANSM (Agence des produits de santé), par exemple.

Julie Toury