Le ventre, un « deuxième cerveau » fascinant

Dans un documentaire diffusé fin janvier sur Arte, Cécile Denjean se penche sur notre « deuxième cerveau » : le ventre. Il regrouperait à lui seul plus de 200 millions de neurones. Une machine qui joue un rôle bien plus important qu’on ne l’imagine.

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Des médecins du CHU de Nantes affirment qu'une biopsie intestinale permet de diagnostiquer la maladie de Parkinson. - crédit photo : Ryan McVay ©ThinkStock

Notre cerveau ne serait pas seul à dicter notre conduite. Dans le documentaire « Le Ventre, notre deuxième cerveau » – diffusé le 30 janvier sur Arte -, Cécile Denjean met en relief l’impact du « cerveau du bas » sur notre santé.

200 millions de neurones dans un seul ventre

Premier constat : le ventre rassemble plus de 200 millions de neurones, « à peu près autant que dans le cortex d’un chat ou d’un chien, précise au Monde la documentariste. (…) S’il n’avait disposé que d’un seul cerveau, celui « du haut », l’être humain aurait été absorbé en permanence par ce processus très complexe et n’aurait pas pu développer d’autres activités intellectuelles. Le fait d’avoir deux cerveaux a joué un rôle majeur dans notre évolution ».

Parkinson, Alzheimer : la guérison par le ventre ?

Le lien entre cerveau et ventre est désormais évident. Voilà pourquoi, par exemple, on a l’estomac noué en cas de stress. Par ailleurs, des chercheurs ont découvert que le cerveau de notre ventre, dit « entérique », produisait 95 % de la sérotonine, un neurotransmetteur intervenant dans la gestion des émotions et qui agit avec l’hypothalamus, situé à la base de notre cerveau « du haut ». Ainsi, en ciblant certains traitements sur cette partie du corps, il serait possible de guérir. L’acupuncture abdominale est ainsi pratiquée en Chine depuis une quarantaine d’années dans la lutte de diverses maladies, dont Parkinson et Alzheimer, ou encore la dépression. Des médecins du CHU de Nantes confirment les bienfaits d’une thérapie par le ventre : d’après leurs observations, une biopsie intestinale permet de diagnostiquer la maladie de Parkinson.

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Le documentaire de Cécile Denjean s’appuie sur les interventions de chercheurs issus de l’université Columbia de New York, de l’Inserm de Nantes, du Collège de France, du CHU de Grenoble mais aussi de l’Université technique de Munich et de l’université Mac Master d’Hamilton (Canada).

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Damien Rigat