L’eau, élément clé de la construction des pyramides ?

Des scientifiques viennent d'émettre une nouvelle hypothèse concernant la construction des pyramides. Selon eux, les Égyptiens réduisaient la friction du sable sur les pierres en le mouillant. Ils pouvaient ainsi transporter les blocs plus facilement.

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Selon les chercheurs, les Égyptiens mouillaient le sable pour faire avancer plus facilement les pierres. ©ShutterStock

Le mystère entourant depuis des siècles la construction des pyramides aurait-il été enfin percé ? L’un des aspects les plus flous concerne le transport des pierres vers les sites de construction. Comment les Égyptiens ont-ils acheminés ces énormes blocs vers le désert ? En les fixant sur des chameaux ? Impossible, estiment les spécialistes. L’animal n’aurait pas supporté le poids de la charge. Selon l’hypothèse la plus cohérente, les constructeurs se servaient de chariots en bois. Reste un problème : la friction du sable, qui rend très complexe le moindre déplacement. Dans une étude parue dans la revue Physical Review Letters, des chercheurs de l’Université d’Amsterdam proposent une théorie, toute simple. D’après leurs analyses, les constructeurs mouillaient le sable avant de bouger les pierres.

Pyramides : de l’eau… mais pas trop !

Les anciens Égyptiens « ont placé les lourds objets sur des traîneaux que les ouvriers tiraient sur le sable (….) [et] mouillaient le sable du désert devant [l’engin] », expliquent les experts, cités par le Washington Post. Afin de parvenir à cette conclusion, l’équipe de Daniel Bonn a observé dans les moindres détails un mur du tombeau de Djehoutyhotep, montrant un individu debout devant un traîneau de bois et arrosant le sable. Elle a ensuite créé une version miniature d’un traîneau égyptien, mis en situation. « Lorsque le sable est sec, un tas se forme devant le traîneau, entravant ses mouvements », constatent les scientifiques. Une force « assez élevée [est alors] nécessaire pour que le traîneau conserve une allure régulière ». En ajoutant de l’eau, le sable devient plus rigide « et les tas formés sont plus bas devant le traîneau ». Il est donc plus facile de faire avancer l’engin. « J’étais surpris de voir à quel point la force nécessaire était réduite, de 50 % parfois », raconte Daniel Bonn.

Les chercheurs précisent néanmoins qu’il ne faut pas mettre trop d’eau car cela poserait des problèmes de séparation des grains de sable.

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Cécile David