L’efficacité des médicaments génériques remise en cause

Un rapport de l’Académie de médecine révèle qu’un générique n’est pas la copie-conforme du médicament d’origine, contrairement à ce que tout le monde croit. Du coup, quid de leur efficacité ?

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Boîtes de médicaments ©Visual PA

Les génériques sont-ils aussi efficaces que les médicaments originaux, comme nous l’assure régulièrement le pharmacien ? Pas si sûr… L’Académie de médecine vient de jeter un pavé dans la mare en révélant, dans un récent rapport, qu’un générique « n’est pas la copie conforme de la spécialité princeps », même s’il est soumis aux mêmes degrés d’exigences et de qualité.

En réalité, les génériques contiennent bien la même molécule active que le médicament d’origine, mais l’excipient, autrement dit la substance qui permet à cette molécule de s’exprimer, peut être différente. « Le changement d’excipient peut occasionner des réactions allergiques plus ou moins sévères, notamment avec les formes orales des antibiotiques à usage pédiatrique », cite le rapport. Aussi, certains antibiotiques génériques seraient moins efficaces et mettraient plus de temps à agir que les antibiotiques initiaux.

Enfin, les génériques se présentent parfois sous d’autres formes que leurs équivalents (sous forme de gélules plutôt que de comprimés, par exemple). Si ce changement de présentation n’a pas d’incidence sur l’efficacité du médicament, elle peut néanmoins « désorienter » les personnes âgées qui suivent un traitement chronique, indiquent les médecins.

L’Académie de médecine continue d’encourager le recours aux génériques mais appelle à plus de vigilance

Les auteurs du rapport ne s’opposent pas à l’utilisation des génériques. En effet, ces derniers, moins coûteux que les médicaments d’origine, permettent de diminuer le « trou » de la Sécurité sociale et l’accès aux soins à des populations modestes. En revanche, ils appellent à plus de vigilance.

Ils rappellent que les pharmaciens ont pour obligation de respecter la demande du médecin de non substitution d’un médicament par son générique. Enfin, ils recommandent aux laboratoires pharmaceutiques de « rapprocher le plus possible la présentation du générique de celle du princeps aussi bien pour l’aspect extérieur, que par la mise à disposition des différents dosages utilisés, en évitant les excipients notoires ».

Julie Toury