L’épilation définitive à la maison: pour ou contre?

Les épilateurs nouvelle génération promettent des jambes douces à l’année à des prix plus bas qu’en cabinet. Valent-ils vraiment le coût ?

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L'épilation définitive à la maison: pour ou contre? ©ThinkStock

Brûlez ce poil que je ne saurais voir… Pour stopper la pousse d’un poil, il faut détruire les cellules souches à l’origine de sa fabrication en les chauffant fortement. C’est ce que font les dermatologues et les instituts de beauté (bien que la législation ne les autorise pas à pratiquer cet acte médical) avec le laser et la lumière intense pulsée: la lampe flash.
Deux technologies qui fonctionnent selon le même principe: l’émission d’une lumière de forte intensité qui est absorbée par la mélanine contenue dans le poil, se transforme en chaleur et descend le long du poil cherchant à «brûler» les cellules à la racine. Jusqu’alors réservées aux professionnels, ces techniques sont désormais disponibles pour un usage à la maison. &Agrave noter que même chez les pros, l’épilation «définitive» s’avère plutôt « longue durée».
Notre expert Gérard Toubel, dermatologue et vice-président du groupe Laser au sein de la Société française de dermatologie, répond à vos questions.

Aussi efficace que chez les pros ?

  • Les marques :

&Agrave long terme, oui, mais cela prend davantage de temps. Plus petits que les équipements professionnels, ces appareils émettent une lumière de moindre intensité, donc une chaleur moins forte. Il faut faire un plus grand nombre de séances de «flashage» et les renouveler régulièrement pour obtenir, au final, le même résultat.

  • L’expert :

Aucune étude scientifique sérieuse ne le prouve. La chaleur émise par la plupart de ces appareils n’est pas suffisante pour détruire les cellules souches. Elle peut affaiblir le bulbe et générer un ralentissement temporaire de la repousse du poil, mais pas sa suppression. Au bout de quelques mois, si on arrête les «flashages», les poils chauffés mais non détruits vont réapparaître. Le traitement doit donc être continu.

Si on suit les consignes, c’est sans danger ?

  • Les marques :

Oui, si on respecte les conditions d’utilisation et l’intensité conseillée pour chaque type de peau. Il ne faut pas flasher une même zone plusieurs fois de suite : ça ne sert à rien et on risque de se brûler. Et les grains de beauté doivent être protégés (la concentration de mélanine peut attirer la lumière) à l’aide de patchs.

  • L’expert :

Vrai. L’intensité de ces appareils n’est pas assez puissante pour endommager la peau, au contraire! Le fait de chauffer la peau en profondeur stimule la fabrication de collagène et la rajeunit. Pas de risque non plus pour les grains de beauté bénins. En cas de doute, consultez un dermatologue avant utilisation.

La lumière pulsée, c’est mieux que le laser ?

  • Les marques :

Les appareils à lumière pulsée permettent de « traiter » une zone plus rapidement que les lasers à usage domestique. Leur fenêtre de flashage est plus large que celle des lasers, dont certains traitent poil par poil seulement.

  • L’expert :

Vrai. Les lasers à usage domestique sont réservés aux petites zones car leurs spots (surfaces de travail) sont compris, selon les modèles, entre 1mm&sup2 et 1cm&sup2 (contre 3cm&sup2 à 6cm&sup2 pour les appareils à lumière pulsée). Mais en cabinet, optez pour le laser émettant une lumière ciblée qui atteint plus profondément la racine du poil. La lumière pulsée, plus «dispersée», nécessite davantage de séances pour un résultat, à long terme, plus aléatoire.

&Ccedila marche sur tout le monde ?

  • Les marques :

Pas sur les poils blonds, blancs ou roux, ni sur les peaux noires ou très bronzées, gorgées de mélanine: la lumière ne fera pas la différence entre la mélanine de la peau et du poil.

  • L’expert :

La lumière cible la mélanine, il faut donc un contraste entre la pigmentation de la peau et du poil. L’idéal est une peau très blanche et un poil très foncé. Certains appareils équipés de filtres spéciaux peuvent être utilisés sur une peau bronzée. Un contraste léger entre la peau et le poil signifie aussi moins d’efficacité.

On peut l’utiliser sur toutes les parties du corps ?

  • Les marques :

&Agrave proscrire près des yeux, pour ne pas endommager la rétine avec le flash. Certaines marques d’épilateurs à lumière pulsée le déconseillent totalement sur le visage.

  • L’expert :

Vrai. Une trop faible intensité de «flashage» sur le visage peut provoquer un phénomène de « repousse paradoxale »: les poils repoussent encore plus qu’avant, au même endroit ou sur une autre zone du visage. Un phénomène constaté sur 1 à 2 % d’utilisateurs, essentiellement des personnes de type méditerranéen à la peau mate. Plus l’intensité de l’appareil est forte, plus il peut être utilisé sur toutes les parties du corps y compris le visage. Sachant que ces appareils sont surtout étudiés pour les petites zones: traiter de grandes surfaces comme les jambes prend beaucoup de temps et vient à bout de la patience des utilisatrices avant de venir à bout des poils!

Le prix ?

  • &Eacutepilateurs laser : de 100 € à 200 €
  • &Eacutepilateurs à lumière pulsée : de 420 € à 1 350 €.

Le prix varie selon la puissance délivrée. L’E>One, le plus cher, est 3 à 4 fois plus puissant et rapide.

  • Séance chez un dermatologue: 200€ minimum (jusqu’à 250 €)

4 à 5 séances sont nécessaires pour traiter les demi-jambes + 1 séance d’entretien tous les 1 à 2 ans.

Karine Vandenhov