Les adolescents fument moins et apprécient l’e-cigarette

D'après une enquête réalisée dans des collèges et lycées de la capitale, les adolescents parisiens fument moins qu'en 2011. Plus de la moitié des 16-17 ans auraient par ailleurs déjà testé la cigarette électronique.

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11,2 % des 12-15 ans interrogés fument aujourd'hui, contre 20 % en 2012. ©ShutterStock

« C’est une vraie surprise », admet le professeur Bertrand Dautzenberg, auteur d’une étude sur la consommation de tabac menée auprès de plus de 13 000 collégiens et lycéens (AFP). Il constate que le développement de la cigarette électronique n’inciterait pas forcément les adolescents à se tourner vers le tabac. Selon son enquête, les jeunes de la capitale sont moins nombreux à fumer la cigarette. Il y a deux ans, le président de l’Office français de prévention du tabagisme avait émis quelques craintes vis-à-vis de l’e-cigarette, pensant que le dispositif pourrait encourager ses utilisateurs à fumer du tabac.

33,5 % des lycéens interrogés fument, contre 42,9 % en 2011

En 2014, la plupart des fumeurs (90 %) et 23 % des non-fumeurs ont déjà essayé la cigarette électronique. Une pratique qui débuterait dès 12 ans. Du côté des 16-17, 53 % ont déjà tiré sur une vapoteuse. Une consommation plutôt importante qui s’est accompagnée par une baisse du nombre de fumeurs chez les adolescents. En effet, 11,2 % des 12-15 ans interrogés fument aujourd’hui, contre 20 % en 2012. Même constat du côté des lycéens. 42,9 % d’entre eux fumaient en 2011, ils sont désormais 33,5 % à faire de même.

La cigarette, « un produit sale et ringard »

Notons que le prix du tabac a augmenté de 20 centimes au mois de janvier. Selon Gérard Mathern, secrétaire général de la Société française de tabacologie, « l’augmentation des prix a pu jouer, tout comme la débanalisation du tabagisme. Mais ce qui a vraiment changé, c’est l’arrivée de la cigarette électronique » (Le Parisien). Avec le développement de cet appareil, le tabac serait devenu « un produit sale et ringard », analyse le Pr Dautzenberg. « Il y a un changement d’image sociale. »

La cigarette électronique, une nouvelle addiction ? Pas si sûr. Au moment de l’étude, seuls 31 % des collégiens et lycéens parisiens à avoir déjà testé le dispositif l’avaient utilisé au cours des trente derniers jours. Selon Gérard Mathern, ce sont les fumeurs qui souhaitent arrêter le tabac qui se mettent vraiment à l’e-cigarette.

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Damien Rigat