Les aliments anticholestérol, inefficaces ?

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation estime que les produits enrichis en phytostérols, comme la margarine, n'ont pas d'effet démontré sur les maladies cardiovasculaires.

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« Si les phytostérols contribuent en effet à la réduction du cholestérol sanguin, pour autant, leur bénéfice sur la prévention des maladies cardiovasculaires n'est pas démontré », indique l'Ansm. - crédit photo : Shestakoff ©ShutterStock

Margarines et yaourts conseillés dans le cadre d’un régime anticholestérol seraient inutiles. Dans un rapport diffusé ce mercredi 25 juin, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) indique que les aliments enrichis en phytostérols n’ont aucun effet démontré concernant la limitation du risque de maladie cardiovasculaire. L’agence avait été saisie par l’association de consommateur UFC-Que Choisir afin d’étudier ces produits affichant la mention « anticholestérol ».

Phytostérols : les effets varient fortement d’une personne à l’autre

« Si les phytostérols contribuent en effet à la réduction du cholestérol sanguin, pour autant, leur bénéfice sur la prévention des maladies cardiovasculaires n’est pas démontré », explique l’organisme de santé (AFP). Ces composés naturels présents dans les plantes permettent, en moyenne, de réduire de 10 % le taux de cholestérol total et la teneur en LDL-cholestérol (« mauvais » cholestérol) mais l’impact varie fortement d’une personne à une autre, précise l’Anses. Ainsi, pour près d’un tiers des consommateurs, aucune baisse de LDL n’a été constatée.

Vers une interdiction des aliments anticholestérol ?

Par ailleurs, l’Agence rappelle que le « mauvais » cholestérol n’est pas le seul facteur de risque des maladies cardiovasculaires. Réduire son taux n’engendre donc pas forcément une diminution du risque. Prudente, l’Anses déclare qu’« on ne peut pas conclure à ce jour » sur le sujet comme aucune étude centrée sur les effets des phytostérols sur les maladies cardiovasculaires n’a été réalisée pour l’instant.

Le rapport signale que la consommation d’aliments enrichis en phytostérols pourrait même, paradoxalement, augmenter le risque cardiovasculaire car elle entraînerait une baisse de la concentration de bêta-carotène dans le sang (facteur de risque). Les auteurs de l’étude recommandent aux femmes enceintes ou qui allaitent et aux enfants d’éviter ces produits.

Face à ces résultats, L’UFC-Que choisir demande aux autorités nationales et européennes de se pencher sur le sujet pour réexaminer l’autorisation de commercialisation de ces aliments.

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Damien Rigat