Les cigarettes mentholées, plus nocives que les classiques

Les fumeurs de cigarettes mentholées deviendraient plus vite accros que ceux consommant des cigarettes classiques. La FDA évoque leur interdiction.

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Les fumeurs de cigarettes mentholées seraient plus susceptibles d'allumer leur première cigarette de la journée dans les 5 minutes suivant leur réveil. ©ThinkStock

Elles donnent un petit goût « frais » dans la bouche, empestent un peu moins les voisins, mais… sont beaucoup plus risquées pour la santé que leurs homologues non aromatisées. Les cigarettes mentholées sont pointées du doigt dans une récente étude de l’Agence américaine des médicaments et de l’alimentation (Food and Drug administration), qui évoque « une question essentielle de santé publique ». Ces cigarettes « goût menthe » rendraient plus vite accros les consommateurs et abîmeraient davantage leurs poumons.

L’une des conclusions de ces travaux est que les fumeurs de cigarettes mentholées sont plus susceptibles que les fumeurs de classiques d’allumer leur première « clope » de la journée dans les cinq minutes suivant leur réveil. « Ils commencent plus tôt et en fument rapidement beaucoup car ce goût menthol est particulièrement attractif », indiquent les auteurs. Résultat : l’addiction guette plus rapidement ces consommateurs. Il serait plus difficile de décrocher des mentholées que des traditionnelles.

Les cigarettes mentholées, plus cancérigènes ?

Autre point relevé par la FDA : la nocivité accrue de ces cigarettes. En effet, l’arôme de menthe qu’elles contiennent stimule non seulement les récepteurs de la bouche, mais aussi les poumons. Les bouffées « fraîches » donnent envie de tirer plus profondément que sur une cigarette normale. Les composants cancérigènes de la fumée pénètrent ainsi davantage dans les bronches.

La FDA, qui poursuit ses recherches sur les cigarettes mentholées, indique qu’une consultation auprès de la population « nous aidera à prendre des décisions pour s’attaquer au problème ». Elle n’exclut pas l’interdiction définitive de ce produit, déjà évoquée en mars 2011. Une décision qui réjouirait l’association Campaign for Tobacco-Free Kids (Campagne pour des enfants sans tabac), qui soutient l’idée depuis plusieurs années, mais qui, en revanche, risque de déplaire aux 30 % de fumeurs américains accros à ces « cigarettes-bonbons ».  

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Julie Toury