Les cliniques privées en grève dès le 5 janvier

Les cliniques françaises seront en grève à partir du 5 janvier, pour protester contre le nouveau projet de loi santé. Que va-t-il advenir des patients pendant cette période ?

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« Les cliniques commenceront à ne plus prendre de rendez-vous quelques jours avant le mouvement », selon la FHP. ©ShutterStock

Si vous prévoyez de vous rendre dans une clinique ou un hôpital privé en début d’année, soyez prévenu(e): le secteur risque d’être touché par un important mouvement social pouvant vous obliger à reporter votre opération ou décaler votre rendez-vous. La Fédération de l’hospitalisation privée (FHP) appelle, ce lundi, le personnel de ces établissements à une grève à compter du 5 janvier 2015, pour contester le projet de loi santé qui, selon elle, « condamne le secteur privé » (AFP). Elle prévoit déjà le maintien du mouvement tant que le texte ne sera pas retiré.

Grève des cliniques : quelles conséquences pour les patients ?

Si elle est suivie, cette grève du secteur hospitalier privé risque d’entraîner le report de consultations et d’interventions déjà programmées. « Les cliniques commenceront à ne plus prendre de rendez-vous quelques jours avant le mouvement », a précisé un porte-parole de la FHP. En cas d’urgence, les malades trouveront toujours du personnel pour les accueillir. Les Agences régionales de santé (ARS) sont en effet tenues de réquisitionner des médecins pour garantir l’accès aux soins et la sécurité des patients.

Grève des cliniques : pour quelle raison ?

Le nouveau projet de loi santé, qui sera présenté début 2015 à l’Assemblée nationale, prévoit une redéfinition du secteur public hospitalier, notamment des urgences, tout en donnant davantage de pouvoirs aux ARS. La FHP craint que cette réorganisation exclut d’emblée les cliniques, qui pourraient se retrouver privées « du financement des mission de service public ». En clair, « les ARS pourront retirer à l’un de nos établissements une autorisation d’activités de soins ou fermer un de nos services d’urgence parce que l’hôpital public voisin, qui ne va pas bien, a besoin d’un afflux de patients. Nous refusons d’être la variable d’ajustement d’un secteur public structurellement déficitaire », assène Lamine Gharbi, président de la fédération.

La FHP prédit « la disparition du secteur privé hospitalier » et « la fin de la liberté de choix des patients ». Selon elle, 200 000 emplois seraient aujourd’hui menacés.

Cette grève s’ajoute à celle des médecins généralistes et spécialistes prévue entre le 24 et le 31 décembre 2014.

Thomas Levy