Les compléments alimentaires ne vous veulent pas que du bien

Dans son dernier bulletin, l'Anses pointe du doigt les compléments alimentaires. Certains, vendus sans évaluation préalable, ne seraient pas sans effets sur la santé.

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1 Français sur 5 consommerait régulièrement des compléments alimentaires. ©ShutterStock

Ils promettent de nous aider à mincir, réguler notre transit intestinal, faire baisser notre taux de cholestérol, avoir des cheveux plus brillants et des ongles moins cassants… Et si, les compléments alimentaires n’étaient qu’en fait des « attrape-nigauds », dangereux pour la santé ? Dans un bulletin publié mercredi 7 octobre, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ne va pas jusque là, mais affirme que ces petites pastilles, qu’affectionne un Français sur cinq, ne sont pas sans risques. Il y a quatre ans, l’agence a lancé le programme « Nutrivigilance », invitant les professionnels de santé et les particuliers à lui signaler d’éventuels effets secondaires constatés avec tel ou tel médicament. Les premiers résultats sont plutôt alarmants.

Trois-quarts des 1 565 signalements enregistrés concernent des compléments alimentaires et des vitamines et minéraux vendus sous forme médicamenteuse ; le quart restant, les nouvelles boissons énergisantes. Les effets secondaires déclarés avec la première catégorie de produit sont bien souvent d’ordre hépatique (problèmes de foie), digestif et allergique. Les compléments les plus souvent cités sont ceux à visée « minceur » (15 %), « capillaire » (11 %), « anticholestérol » (9,6 %) et « tonus vitalité » (9,2 %). Certains de ces compléments ont reçu une autorisation de mise sur le marché après évaluation des risques, d’autres non.

La levure de riz rouge dans le viseur

Dans son bilan, l’Anses cite plusieurs exemples de compléments « à risque », à commencer par la levure de riz rouge, censée aider à combattre le cholestérol. Recommandée dans plusieurs régimes, notamment celui du tant décrié Dr Dukan, ces petites gélules, consommées à haute dose, entraîneraient des problèmes hépatiques. De même, la synéphrine contenue dans l’écorce d’orange amère, connue pour ces vertus amincissantes, serait à l’origine de troubles cardiovasculaires, voire neurologique, si on l’associe à la caféine.

L’Anses insiste sur la nécessité de se faire accompagner par des professionnels de la santé et d’« être très vigilant vis-à-vis des produits mis en avant pour des propriétés “miracles” ou encore vendus en dehors des circuits traditionnels, notamment par Internet. »

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Thomas Levy