Les compléments alimentaires sont parfois inutiles, voire dangereux

Une étude révèle que la moitié des personnes qui prennent des compléments alimentaires le font sans recommandation médicale. Or, cette consommation est parfois inutile, voire dangereuse.

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Le magnésium est le complément alimentaire le plus consommé en France ©Fotolia

Parmi les 25 % des femmes et les 15 % des hommes qui prennent régulièrement des compléments alimentaires, près de la moitié le font sans conseil médical. Une automédication qui n’est pas toujours correcte ou utile, selon une étude effectuée auprès de 80 000 adultes français.

En tête du classement : le magnésium, suivi de près par les vitamines B6 et C, consommés par 15 % des hommes et 28 % des femmes au moins trois fois par semaine. Ces compléments sont souvent pris comme un « coup de pouce » pour lutter contre la fatigue. Leur consommation est d’ailleurs accrue en automne et en hiver.

Selon l’étude, conduite par Mathilde Touvier et Camille Pouchier (Inserm/Cnam/Inra/Université Paris13), parue dans le British Journal of Nutrition, les consommateurs de compléments alimentaires seraient mieux informés sur les recommandations nutritionnelles du Programme National Nutrition Santé (PNNS) que les non-consommateurs. Ils mangeraient également davantage de produits bio et auraient globalement un mode de vie plus sain. En clair, ils pourraient tout aussi bien se passer de ces compléments et économiser un peu d’argent par la même occasion, surtout qu’une alimentation variée est généralement plus recommandée que la prise de compléments.

Les compléments alimentaires, incompatibles avec certains médicaments

Mais l’étude déconseille la prise de compléments alimentaires sans recommandations également pour éviter de possibles complications. Certaines de ces pilules à base de plantes pourraient en effet interférer de façon indésirable avec des médicaments, comme le rappelle Mathilde Touvier, qui évoque de récents travaux qui avaient évalué en détails 1 491 interactions entre 213 compléments alimentaires et 509 médicaments. « On sait ainsi que des compléments alimentaires à base de produits naturels sont particulièrement contre-indiqués chez les patients atteints de cancers gynécologiques (gattilier, DHEA, trèfle rouge, luzerne, soja, igname sauvage), du sein (gattilier, DHEA, trèfle rouge, luzerne, soja, igname sauvage, cohosh noir), de cancer de la prostate (gattilier, DHEA, trèfle rouge, huile de lin) et de leucémies (échinacée) », a-t-elle précisé.

Certaines plantes (phyto-oestrogènes type soja et extrait de sauge et phyto-progestagènes type yam et gattilier) sont ainsi déconseillées pour les femmes qui ont eu un diagnostic de cancer du sein, ajoute-t-elle.

Mathilde Bourge